Développement durable : révélations sur les objectifs de la Conférence de Rio+20

  

 

L’été prochain, lors du premier sommet de la Terre depuis 20 ans, les pays devront s’engager sur dix nouveaux objectifs de développement durable pour la planète et promettre de développer des économies vertes.

Selon une ébauche du programme consultée par le Guardian, les pays devront également discuter d'un nouvel accord visant à protéger les océans, approuver l'élaboration d'un rapport annuel sur l'état de la planète, mettre en place une agence mondiale pour l'environnement et nommer un médiateur mondial ou un haut commissaire pour les générations futures. Des dizaines de chef d'État, de dirigeants politiques et de célébrités sont attendus à la réunion de l'ONU sur le développement durable qui se déroulera à Rio, au Brésil, en juin prochain.

John Major, Fidel Castro et George H W Bush notamment ont participé au premier Sommet de la Terre, le plus grand rassemblement politique mondial jamais organisé. Le premier ministre britannique, David Cameron, a toutefois fait savoir qu'il ne participerait pas à Rio+20, malgré sa promesse de former « le gouvernement le plus vert qui ait jamais existé » et le fait que la date du sommet ait été modifiée afin d'éviter qu'il n'ait pas lieu au même moment que le jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.

Contrairement au Sommet de la Terre de 1992 où plus de 190 chefs d'État avaient lancé plusieurs accords contraignants pour l'environnement, les dirigeants ne seront cette année pas tenus de signer des accords obligeant leur pays à respecter des engagements ou à suivre un calendrier. Ils devront plutôt définir leurs propres objectifs et travailler sur une base volontaire à l'élaboration d'une économie verte mondiale qui, selon l'ONU, devrait réduire la pauvreté et ralentir la consommation.

Même si le programme pourrait changer au cours des six prochains mois, il est probable que les dirigeants doivent s'engager à mieux utiliser les ressources existantes et à réformer le système de subvention des carburants fossiles qui favorisent le changement climatique.

Le contenu exact de ces nouveaux objectifs mondiaux de développement durable sera entériné par les gouvernements en amont du sommet de Rio et ne sera introduit qu'en 2015. Ils devraient toutefois aborder les questions prioritaires relatives par exemple aux océans, à l'alimentation, à l'eau, à la consommation et aux villes durables. Les progrès réalisés par les différents pays seront évalués. Ces objectifs n'annulent pas les dix objectifs du millénaire pour le développement établis par l'ONU en 2000 visant à soulager les populations en proie à une pauvreté extrême et à des privations multiples.

Les gouvernements devront renforcer l'organisme en charge du Programme des Nations unies pour l'environnement basé à Nairobi, considéré comme sous-financé et incapable de faire face aux menaces grandissantes qui touchent les écosystèmes. Le PNUE devrait être placé au même niveau que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Ce document de 20 pages salue les progrès accomplis au cours des 20 dernières années en matière de réduction de la pauvreté et de développement du secteur de l'informatique, mais il reconnait l'échec incontestable des pays quant à leurs engagements pour l'environnement et les défis du développement. « Le développement non durable a accentué la pression sur les ressources naturelles limitées de la Terre, et sur la capacité de charge des écosystèmes. L'insécurité alimentaire, le changement climatique et la perte de biodiversité ont eu un effet négatif sur le développement. Nous sommes très inquiets quant au fait que 1,4 milliard de personnes vivent dans des conditions d'extrême pauvreté et qu'un sixième de la population mondiale est sous-alimenté. Les pandémies sont une menace constante », a-t-il expliqué.

Le Brésil, qui accueillera la conférence, organise une grande réunion parallèle pour que les organisations non gouvernementales et les citoyens puissent débattre et faire pression sur les gouvernements.

Le programme a reçu un accueil mitigé de la part des groupes de défense de l'environnement et du développement.

Stephen Hale, directeur adjoint de campagne et de plaidoyer chez Oxfam, a déclaré : « Cela devrait permettre de relancer les négociations à Rio. Le gouvernement brésilien a du mérité pour cette première ébauche prometteuse. Les gouvernements du monde doivent présenter une réponse ambitieuse et des propositions concrètes, notamment dans les domaines de l'agriculture durable et de la sécurité alimentaire, pour lesquels le sommet de Rio pourrait proposer bien plus.

Ruth Davis, conseillère en chef sur les politiques à Greenpeace UK, a déclaré : « Ce sommet de Rio a lieu après 20 ans de retards et de promesses non tenues sur le développement durable, qui ont laissé des millions de personnes dans la misère et poussé les écosystèmes au bord du gouffre. Même si cette ébauche aborde les questions clés, elle met également en lumière l'absence déplorable de mesures d'urgence pour régler ces questions. Les objectifs concernant la destruction de forêts anciennes, la pêche excessive, les subventions aux énergies polluantes et l'accès aux énergies propres pour les pays pauvres se retrouvent soit laissés en suspens soit repoussés pour des années. »

Elle a ajouté : « Certaines propositions sont certainement importantes et utiles, comme le projet de négociation sur un nouvel accord pour la protection des océans, qui pourrait mettre un terme au pillage en haute mer par les pays occidentaux. Cependant, pour que Rio représente plus qu'un club de conversation des élites, les dirigeants mondiaux doivent faire preuve d'ambition dans les négociations, et ce dès aujourd'hui. Un engagement vague d'agir à l'avenir ne suffit plus pour les millions de personnes auxquelles les engagements volontaires et les promesses en l'air ont, à raison, laissé un goût amer. »

Réactions: 

EurActiv a organisé en novembre dernier un atelier sur les négociations de Rio+20, où des décideurs européens et des représentants de l'industrie et des ONG ont pu exprimer leurs attentes quant au sommet. Voici une vidéo rassemblant leurs opinions :

 

 

 

 

Prochaines étapes: 
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