Depuis le rapport Brundtland de 1987, le concept de développement durable a fait son entrée dans l'arène politique. Sa définition la plus courante est : "un développement qui satisfait les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins". Au niveau du débat européen, le développement durable est envisagé dans ses trois dimensions : environnementale, économique et sociale ( "triple bottom line" ).

Issues

Définition et concept

Il existe des centaines de définitions du concept de " développement durable ". Depuis le rapport Brundtland de 1987, les diverses tentatives d'offrir une définition plus précise et opérationnelle du développement durable n'ont fait qu'ajouter à l'ambiguïté. Le Washington State University Sustainable Development Sourcebook propose une vue d'ensemble des travaux universitaires consacrés à la définition du développement durable (en anglais). 

Il est communément admis que le développement durable comprend trois dimensions : environnementale, économique et d'équité sociale.

Historique

Le concept de "durabilité", lié à l'idée de développement humain, est apparu dans les années 1970 avec des livres tels que Blueprint for Survival, traduit en français sous le titre "Changer ou disparaître" (1972) et "Les Limites de la croissance" du Club de Rome (1972). Egalement en 1972, la Conférence des Nations Unies sur l'environnement humain à Stockholm a mis en avant le thème de la réconciliation entre environnement et développement économique. 

En 1987, le terme de développement durable a fait son entrée dans l'arène politique avec la publication par la commission mondiale pour l'environnement et le développement d'un rapport intitulé "Notre avenir commun" (Our Common Future, plus connu sous le nom de "rapport Brundtland"). 

En 1992, la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUCED) organisée à Rio de Janeiro, aussi appelée "Sommet de la Terre", a convenu d'une déclaration instaurant 27 principes en faveur du développement durable. Le Sommet s'est également mis d'accord sur un plan d'action, l'Agenda 21, et a recommandé à tous les pays de mettre en place des stratégies nationales pour le développement durable. Une Commission spéciale du développement soutenable a été créé à l'ONU. Par ailleurs, l'année 1992 a également vu l'adoption par l'UE de son cinquième programme d'action en matière d'environnement, intitulé "Vers un développement soutenable". 

En 1999, le Traité d'Amsterdam a fait du développement durable l'un des objectifs clés de l'Union européenne (article 2 TCE). 

En juin 2001, le Conseil européen de Göteborg a adopté la Stratégie pour le développement durable qui lui était proposée par la Commission (pour en savoir plus, voir notre  LinksDossier sur la Stratégie de l'Union). 

Du 26 août au 4 septembre 2002, le Sommet de Johannesbourg a passé en revue les progrès accomplis en matière de développement durable au niveau mondial depuis le Sommet de Rio (voir notre  LinksDossier sur le Sommet de Johannesbourg). 

Critiques

Le développement durable est devenu une sorte de "religion" pour les hommes politiques, les économistes et les écologistes ces dix dernières années. Il est devenu politiquement incorrect d'oser remettre en cause sa validité. Néanmoins, des critiques ont été émises sur les contradictions internes et les implications du concept. 

Certains pays parmi les moins développés voient dans le développement durable une idéologie conçue par les pays riches industrialisés pour leur imposer des règles plus strictes et conditionner l'aide au développement. D'après d'autres critiques, le concept ne prend pas assez en compte les pauvres, qui souffrent le plus de la dégradation environnementale. 

L'une des plus importantes critiques du concept est qu'il ne remet pas en cause l'idéologie de la croissance économique. Certains voient donc le développement durable comme une nouvelle idéologie néolibérale. 

Pour les écologistes radicaux, le paradigme du développement durable ne remet pas suffisamment en cause la culture de la consommation. Ils considèrent le concept de développement durable comme trop androcentrique. 

Il existe également des critiques qui rejettent le concept de développement durable tout en adoptant une perspective conservatrice et libérale. Ils font valoir que les ressources naturelles sont abondantes et que l'ingéniosité de l'homme est telle que les politiques de développement durable sont inutiles et dangereuses. Ils maintiennent par ailleurs que l'idéal d'égalité intergénérationnelle est incohérent et voué à l'échec.