La biodiversité en chute libre, Rio+20 doit donner des résultats

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La biodiversité dans le monde a diminué de 28 % en moyenne depuis 1970. Le monde devrait être 50 % plus vaste pour abriter suffisamment de terres et de forêts pour répondre à la demande actuelle en consommation et limiter les émissions de carbone. C’est ce qu'a déclaré l'ONG environnementale WWF aujourd'hui (15 mai).

Si les dirigeants mondiaux ne se penchent pas sur ce problème, il faudra plus de deux planètes Terre pour soutenir l'activité humaine d'ici 2030, affirme le WWF dans son Rapport planète vivante de 2012, un état des lieux biennal de l'environnement et de la biodiversité dans le monde qui relève le nombre d'espèces végétales et animales.

Les gouvernements ne sont pourtant toujours pas en passe d'atteindre un accord lors du sommet sur le développement durable qui aura lieu le mois prochain à Rio de Janeiro, a souligné Jim Leape, le directeur général du WWF International.

« Je pense que personne ne remettra en cause le fait qu'à un mois de la conférence, nous sommes loin d'être prêts, en termes d'évolution des négociations et d'organisation », a déclaré M. Leape à des journalistes à Genève.

« Je pense que nous sommes tous préoccupés par le fait que les pays qui négocient dans le cadre de la conférence des Nations unies n'ont montré aucun signe d'engagement en faveur de solutions pour relever ces défis. Ces négociations sont clairement laborieuses. »

Les objectifs de l'UE à Rio

Pour cette conférence, l'Union européenne souhaite notamment mettre en avant des objectifs contraignants visant à étendre les mesures d'énergie durable aux pays en développement. L'Union plaidera également en faveur d'une meilleure utilisation des ressources et de la protection de la biodiversité. Elle souhaite en outre renforcer le Programme des Nations unies pour l'environnement, afin de lui donner davantage de pouvoir en termes de contrôle et de mise en oeuvre des traités.

Certains fonctionnaires de l'UE ont toutefois récemment reconnu que ces objectifs étaient confrontés à des obstacles de taille.

La réunion de Rio+20 du 20 au 22 juin prochains devrait attirer plus de 50 000 participants. Sous la pression des défenseurs de l'environnement, les décideurs politiques devront se démener pour faire adopter des objectifs de développement durable, dans l'esprit du Sommet de la Terre de Rio qui avait posé les fondations du protocole de Kyoto il y a 20 ans.

Malgré ce pacte visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les températures mondiales moyennes devraient connaître une « augmentation catastrophique » d'ici la fin du siècle, selon le WWF.

D'après M. Leape, les gouvernements pourraient prendre des décisions unilatérales sans être « otages » des négociations à plus grande échelle en faveur d'un nouvel accord pour remplacer le protocole de Kyoto qui touchera à sa fin cette année.

Cet accord considère que le monde ne devrait plus verser de subventions pour les carburants fossiles (389 milliards d'euros par an actuellement), mais plutôt garantir un accès mondial à l'énergie propre d'ici 2030.

Une économie plus verte

À la question de savoir pourquoi les défenseurs de l'environnement devaient encore se battre pour que des décisions soient prises, M. Leape a répondu : « Il ne faut pas sous-estimer l'inertie du système. »

« Premièrement, l'économie que nous avons développée au cours du siècle dernier est fondée sur les carburants fossiles et sur l'hypothèse que les ressources de la planète sont inépuisables. C'est particulièrement évident dans le cas des océans, où nous avons pratiqué la pêche comme s'il n'y avait pas de lendemain, comme si le poisson ne viendrait jamais à manquer. »

« Deuxièmement, nous faisons cela dans un contexte économique qui continue de nous envoyer les mauvais signaux. Bon nombre de ces coûts dont nous parlons ne sont pas inclus dans les prix que nous voyons [...] Les marchés peuvent fonctionner si les prix correspondent à la réalité, or ce n'est pas le cas pour l'instant, et ce à bien des égards. »

Les consommateurs ont contribué à inverser la tendance, via les systèmes de certification imposés aux produits, qui ont forcé les entreprises à respecter certaines normes, a-t-il expliqué.

« Cette approche est appliquée à de plus en plus de produits de base. C'est notamment le cas du bois, des poissons, mais aussi de l'huile de palme, du sucre et du coton. Je pense que cela contribue à créer des signaux sur les marchés et permet aux consommateurs d'envoyer ces signaux, de faire part de leurs préférences et de commencer à développer un marché qui tend à la durabilité. »

Prochaines étapes: 
  • 20-22 juin : conférence de l'ONU sur le développement durable à Rio de Janeiro, au Brésil.
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