La seconde vie des installations olympiques de Londres

  

Les chaises et tribunes en plastique des stades de Londres sont en passe d'être transformés en tuyaux d'arrosage. L'Union européenne plaide pour accélérer le recyclage des déchets.

La Commission européenne vient de révéler les résultats d’une consultation publique (« livre vert ») lancée en mars sur les déchets plastiques. Le Parlement européen devrait s'exprimer à ce sujet cette semaine.

Des acteurs de l’industrie (60 %), des ONG (19 %) et 14 ministères de l’environnement ont participé à cette consultation. Ils appellent à un « verdissement » des plastiques grâce à une interdiction de mise en décharge, des coûts de cycle de vie « réels » et un meilleur financement des infrastructures de recyclage afin de réduire l'empreinte environnementale.

Janez Potočnik, le commissaire européen en charge de l'environnement, a dévoilé les résultats du livre vert lors d'une conférence de presse. Il a estimé que le plastique était un très mauvais matériau en raison des inquiétudes relatives aux déchets, notamment dans les océans.

>> Lire aussi : Une appli européenne pour traquer le plastique

Selon l'industrie, les Jeux olympiques de Londres de 2012 montrent que la matière plastique peut toujours jouer un grand rôle dans une économie plus verte. Plus d'un an après l'évènement, bon nombre de structures temporaires des Jeux semblent avoir trouvé une nouvelle vie.

« Les tribunes de la piscine de Londres 2012 pourraient maintenant servir de tuyaux d'arrosage », explique Jean-Pol Verlaine, développeur technique à Solvin, la branche PVC de Solvay Plastics.

Les organisateurs des JO avaient décidé de construire les parties de certains bâtiments à partir de polychlorure de vinyle (PVC) léger et amovible, car ils ne voulaient pas laisser d'immenses structures inutilisables au sein de la capitale britannique déjà très dense.

Le centre aquatique, conçu par l'architecte britannique Zahia Hadid, contenait 15 000 chaises amovibles et une membrane externe de 8 000 mètres carrés en PVC.

L'utilisation de PVC visait également à limiter l'impact des JO sur l'environnement. Cette décision semblerait aller à l'encontre des idées reçues sur le plastique. Le gouvernement britannique avait au départ interdit le recours à ce matériau en vue de rendre les Jeux olympiques « plus verts que jamais ». Il a changé d'avis dans la phase de préparation de l'évènement.

« Comme nous l'avons fait par le passé pour des matériaux comme le bois et le béton, nous souhaitons profiter de l'occasion des Jeux de Londres en 2012 pour collaborer avec l'industrie afin de fixer de nouvelles normes. Dans ce cas-ci, cela pourrait permettre à l'industrie de se rapprocher d'une fabrication, d’une utilisation et d’une élimination des déchets du PVC plus durables », soutient Dan Epstein, responsable du développement durable pour London Olympic Delivery Authority.

Économie circulaire

Le PVC est recyclé grâce au procédé Vinyloop, une méthode qui sépare le plastique des autres matières afin de le réutiliser à d'autres fins. Solvin et le groupe de fabricant français Serge Ferrari ont conçu ce procédé.

Grâce à la chaleur et à différents solvants, les tonnes de PVC collecté sont séparées de matériaux composites, comme le textile, le verre ou le papier. Les résidus non plastiques sont alors brûlés et la chaleur est redirigée dans le processus.

Après le traitement, le PVC se rapproche alors du matériau « vierge ». « Le produit peut être recyclé à sept reprises, mais vous avez besoin d'additifs supplémentaires par la suite », a expliqué M. Verlaine au cours d'une visite d’une usine Solvin la semaine dernière.

L'industrie du plastique vise à recycler au moins 800 000 tonnes de PVC chaque année d'ici 2020 dans le cadre du programme VinylPlus. L'année dernière, les entreprises qui participent à ce programme ont recyclé un peu plus de 360 000 tonnes.

Le problème c'est que le PVC recyclé se vend à un prix moyen moins élevé que sous sa forme vierge.

La consommation de plastique en Europe grimpe chaque année de 5 %. Et l'incidence sur l'environnement pourrait être plus grave.

L'Europe met en décharge ou incinère 60 % de ses déchets, dont la plupart sont constitués de plastique. La combustion du plastique pour le transformer en carburant comporte sa propre empreinte environnementale. Elle libère de grandes quantités de CO2 et d'autres substances chimiques dans l'air, selon des analystes.

La Commission indique toutefois que le recyclage du plastique pourrait présenter d'énormes avantages pour l'économie européenne. Quelque 15,6 emplois seraient créés par 1 000 tonnes de matériau traité. Un rapport de 2010 des Amis de la Terre prévoit qu'un taux du recyclage de plastique à hauteur de 70 % pourrait créer 162 000 emplois dans l'UE d'ici 2020.

« Les objectifs sont toujours un moteur utile pour les investissements dans une gestion plus efficace des déchets. C'est pourtant la logique économique qui nous pousse vers l'économie circulaire afin de traiter nos déchets comme des ressources », conclut le commissaire en charge de l'environnement.

Prochaines étapes: 
  • Octobre 2013 : position du Parlement à propos le livre vert sur les déchets en plastique

Liens externes: 
Publicité

Partenaires de contenu