Cet article est traduit de l'anglais par EurActiv Bruxelles, partiellement ou en intégralité (article source).
Le premier ministre britannique, David Cameron, devrait adoucir sa rhétorique eurosceptique et éviter de répéter l'échec diplomatique de décembre dernier lors du sommet européen, a déclaré à EurActiv le premier ministre gallois, Carwyn Jones, lors d'un entretien exclusif.
Le dirigeant du gouvernement gallois décentralisé, membre du parti travailliste, a pris ses distances par rapport à M. Cameron, qui se montre quant à lui plus conservateur. M. Jones affirme qu'il est moins eurosceptique et plus à l'aise avec la notion de fédéralisme européen que son homologue anglais.
Bien qu'il ait approuvé, sur le fond, le veto de M. Cameron lors du dernier sommet, le chef du Senedd (le parlement gallois) à Cardiff a expliqué que le premier ministre britannique avait mal abordé la situation.
« Il m'a paru clair que le travail préparatoire habituellement effectué en amont de ce genre de réunions n'avait pas été fait », a-t-il déploré. « Le fait que le Royaume-Uni se retrouve isolé représente un réel échec diplomatique, malgré tout le respect que j'ai pour les représentants britanniques à Bruxelles. »
Pour lui, la faute revient au gouvernement britannique plutôt qu'à ses diplomates. « Le fait qu'à son retour de Bruxelles [M. Cameron] ait apparemment célébré son « veto » avec les membres les plus eurosceptiques de son parti n'arrange pas les choses », a expliqué M. Jones.
Avec ses trois millions d'habitants, le pays de Galles est la troisième région du Royaume-Uni après l'Angleterre et l'Écosse. Il dispose de pouvoirs plus limités.
Plus de consultation
Le dirigeant gallois a affirmé que depuis décembre, beaucoup d'efforts avaient été faits, y compris par M. Cameron, pour remédier à la situation. Il a toutefois demandé au premier ministre britannique qu'il consulte davantage les leaders régionaux du Royaume-Uni avant de prendre des décisions importantes sur le plan européen. Il souhaite également que M. Cameron évite d'adopter une attitude peu coopérative.
M. Jones a évoqué les dangers, pour le pays de Galles, de donner aux investisseurs potentiels et aux entreprises l'impression que « le Royaume-Uni s'apprête à sortir de l'UE » ou que « le pays a simplement fait son difficile ». « Nous nous targuons d'être un endroit intéressant pour les investisseurs en tant que membre de l'UE », a-t-il affirmé.
Les Gallois ont des intérêts différents en Europe dans la mesure où ils dépendent fortement des subventions agricoles pour la production de blé et de produits laitiers, ainsi que du marché européen pour l'agneau gallois, entre autres.
« Le pays de Galles est moins eurosceptique que l'Angleterre [...] parce que la population ressent l'impact des fonds européens sur l'économie galloise et ils ont tendance à avoir une tout autre opinion », a insisté M. Jones.
Selon lui, le pays de Galles « trouverait facilement sa place dans une Europe différente, plus fédérale ». Il a toutefois expliqué que l'UE devait faire preuve de plus de transparence : « Il est absolument essentiel que les citoyens [européens] aient le sentiment d'influencer les décisions de la Commission, par exemple. Et c'est loin d'être le cas pour l'instant. »
La question de l'Écosse
Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte d'incertitude quant à l'unité du Royaume-Uni, alors que le premier ministre écossais, Alex Salmond, a appelé hier (25 janvier) à un référendum sur l'indépendance de l'Écosse. Ce référendum pourrait avoir lieu en 2014.
M. Salmond a suscité une polémique en insistant pour que les conditions de ce référendum soient définies par le parlement écossais. Le gouvernement de coalition britannique l'accuse quant à lui d'enfreindre les règles régissant cette nation constitutive du Royaume-Uni.
M. Salmond a laissé entendre qu'une Écosse complètement indépendante reprendrait à zéro ses négociations d'adhésion à l'UE, permettant ainsi à l'Angleterre et au pays de Galles de faire de même.
A contrario, le leader gallois a souligné son opposition à l'indépendance du Pays de Galles : « Ce n'est pas dans notre intérêt d'un point de vue financier, social et économique. »
Ce type de questions régionales revient sur le devant de la scène dans d'autres pays européens. La crise financière n'a fait qu'exacerber la question de l'autonomie financière des régions indépendantes en Espagne, un pays à court d'argent.
En Italie, le débat sur les subventions aux régions autonomes bénéficiant d'un statut spécial s'intensifie. Les régions riches de Frioul et du Trentin, au Nord, bénéficient des mêmes privilèges que la Sicile et la Sardaigne, pourtant plus modestes.
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