Budget européen : Herman Van Rompuy fidèle avocat des Etats

  

Face au Parlement, le président du Conseil européen a mis en garde les députés contre un rejet de l’accord budgétaire. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, est resté en retrait.

L’événement était attendu, presque deux semaines après le sommet européen sur le budget 2014-2020 de l’Union européenne.

Dans l’après-midi, lundi 18 février, la conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen a reçu les présidents de la Commission et du Conseil. José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy ont tous les deux défendu les nouvelles perspectives financières.

Après 26h de négociations, les dirigeants se sont mis d’accord, vendredi 8 février, sur une enveloppe de 960 milliards d’euros pour les sept prochaines années, soit moins que pour la période précédente (2007-2013).

Barroso transparent 

Cette baisse a provoqué la colère des parlementaires européens. Les quatre principales formations politiques (conservateurs du PPE, sociaux-démocrates du S&D, libéraux de l’ALDE et Verts) ont publié un communiqué commun dénonçant l’accord et menaçant de le rejeter.

Alors que le président de la Commission est apparu effacé et affaibli, Herman Van Rompuy a bataillé ferme face aux critiques des élus.

« Je vous demande de réfléchir à deux fois, et même plus que deux fois » a-t-il lancé à ceux qui seraient tentés de rejeter l’accord. Même au sein du Parlement, il n’existe pas de consensus pour une enveloppe plus importante, a prévenu le président du Conseil européen.

« Le budget européen n’est pas un instrument contra-cyclique », a-t-il ajouté. En clair, pas question de relancer la croissance avec les finances de l'UE, comme le souhaitent une partie des parlementaires. 

Négociations à venir 

Dans l'assistance, Herman Van Rompuy s'est trouvé des alliés inhabituels chez les eurosceptiques du parti du Premier ministre britannique, ravis de l’accord.

Les Verts et les Libéraux paraissent en revanche toujours aussi opposés à l'idée de voter le budget. L’ancien premier ministre belge, Guy Verhofstadt, a dénoncé un « copier-coller » de l’exercice précédent et de la prééminence des égoïsmes nationaux. Le compromis compte 53 dérogations nationales, a-t-il rappelé. 

Le chef de file des conservateurs a en revanche laissé entrevoir la possibilité d’un accord. « Négocions (...) nous serons au rendez-vous de nos responsabilités », a promis le président du groupe PPE Joseph Daul. « Si les députés n’ont pas le pouvoir de revoir le budget, je me demande pourquoi il y a des élections ».

Depuis le traité de Lisbonne, le Parlement européen peut approuver ou rejeter en bloc le budget. Pour la première fois, le point de vue des élus est donc crucial. 

Ils ont trois revendications principales : obtenir une flexibilité maximale entre les années budgétaires et les postes de dépenses, réviser l’accord à mi-parcours et discuter des ressources propres (impôt) de l’UE.

MM. Barroso et Van Rompuy se sont dits prêts à une discussion "sérieuse et de fond". Elle débutera dans les semaines à venir avec les Etats. Les marges de manœuvre restent faibles pour les parlementaires. L'accord entre les vingt-Sept repose sur un équilibre précaire, chaque Etat considérant avoir préservé ses intérêts. 

Un vote en juillet?

Aucun calendrier précis n’est encore connu, mais le Parlement européen pourrait voter le budget 2014-2020 lors de la session plénière de juillet.

En cas de rejet, l'UE devra vivre avec des budgets annuels sur la base de celui de 2013, jusqu'à l'élaboration d'un nouveau cadre financier.

Une tâche qui pourrait prendre plusieurs mois en raison des échéances électorales en Allemagne en septembre 2013 et en Europe en 2014. 

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