La Commission douche les ambitions de croissance du gouvernement

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Les prévisions de croissance de Bruxelles sont deux fois moins élevées que celles avancées par le gouvernement. A Paris, les commentaires de la Commission sont fraîchement accueillis.

Détérioration du climat des affaires, du marché du travail, consommation des ménages molle, mais suffisamment stable pour empêcher une récession. C’est le bilan tiré par la Commission européenne dans les prévisions macroéconomiques publiée, mercredi 7 novembre, au sujet de la France.

Sans surprise, Bruxelles revoit à la baisse le scénario de croissance prévu par le gouvernement. Avec 0,2% de progression du PIB en 2012, l’économie du pays restera « anémique », prévient la Commission, qui table sur une croissance de 0,4% l’an prochain, contre 0,8% selon le gouvernement.

Compte tenu de ces perspectives plus pessimistes, le déficit français devrait s’établir à 3,5% du PIB en 2013, évalue la Commission.

Cette situation fait également courir le risque de voir la dette progresser au-delà de 90% du PIB. Et les « investissements d’avenir », lancés en 2010 à l’initiative de Nicolas Sarkozy, n’auront qu’un « impact marginal » sur les comptes publics français, avance la Commission.

A Paris, les annonces de Bruxelles sont accueillies fraichement. La "Commission n'avait absolument pas vu venir la crise en 2008, peut-être peut-on penser qu'elle ne voie pas venir la reprise", a rétorqué le ministre du Budget Jérôme Cahuzac au micro d’Europe 1, jeudi 8 novembre.

Les débats budgétaires deviennent un motif important de discorde entre le gouvernement et le Sénat. Réunis en séance le 7 novembre, les élus de la Chambre haute ont rejeté le projet de loi de programmation budgétaire 2012-2017, dans un vote où l’obstruction vient à la fois de la droite et des communistes, mais pour des raisons opposées.

Les élus de l’UMP souhaitent des coupes plus franches dans les dépenses publiques, quand l’extrême gauche déplore les effets des politiques d’austérité, dans la logique du refus du traité européen de stabilité budgétaire ratifié par le Parlement français en octobre. Cette fois-ci, les écologistes se rangent derrière le PS, à l’exception d’un amendement déposé par Jérôme Cahuzac sur lequel les Verts se sont abstenus. La disposition en question prévoit une révision potentielle des orientations budgétaires du pays  « pour prendre en compte les impacts du pacte » de compétitivité, incluant 20 milliards de baisses de charges patronales.

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