La France acculée à un déficit supérieur à 3% du PIB

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Le Premier ministre lève ce tabou longtemps entretenu par la communication politique, pendant que le ministre de l'Economie espère la clémence de Bruxelles.

C’est un secret de Polichinelle que le premier ministre vient de livrer. Interrogé sur le plateau de Soir 3, le 13 février, Jean-Marc Ayrault a reconnu que le déficit public français serait supérieur à 3% du PIB d’ici la fin de l’année. « Nous ne serons pas exactement, je pense, aux 3% ». Raison invoquée : une croissance plus faible que prévu « en France, en Europe et dans le monde ».

Alors qu’ils s’accrochaient mordicus à l’objectif, les ministres Pierre Moscovici, Laurent Fabius ou encore Jérôme Cahuzac avaient laissé entrevoir plus tôt dans la journée que des ajustements seraient probables.

Cette nouvelle, déjà anticipée par toutes les institutions internationales (FMI, OCDE et Commission européenne), intervient alors que l’Insee vient de corriger à la baisse le taux de croissance de la France en 2012. Celui-ci est de 0% en 2012, après 1,7 % en 2011. Le gouvernement s’attendait à 0,3%. Le même scénario a toutes les chances de se reproduire en 2013. Alors que Paris a effectué ses projections en se fondant sur une croissance de 0,8%, les estimations tablent sur 0,3%.

En avril prochain, le gouvernement ajustera son scénario dans le cadre du programme de stabilité qu’il doit remettre à la Commission européenne. Celle-ci doit par ailleurs se prononcer le 22 février en fournissant ses prévisions macro-économiques pays par pays à partir de divers indicateurs (PIB, inflation, emploi, déficit budgétaire, dette publique). Une procédure intégrée au "semestre européen", qui permet à Bruxelles de surveiller les politiques économiques des Etats et d'envisager des sanctions en cas de dérapage budgétaire. "La Commission européenne peut décider de nous accorder un délai", croit savoir le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, qui s’exprimait le 14 février sur France 2.

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