La zone euro tergiverse sur le refinancement de la Grèce

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Le pays remplit le contrat, il peut donc bénéficier d'un délai supplémentaire pour finaliser les réformes demandées par ses créanciers en pleine récession. Mais le doute plane sur l’octroi d’une rallonge budgétaire.

Les bailleurs de fonds devraient accorder un peu de répit à la Grèce pour qu'elle sorte la tête de l'eau. C'est ce qui ressort du rapport de la troïka (FMI, UE, BCE). Il n'est pas encore finalisé, mais le Financial times en a diffusé une version. 

Le délai de deux ans va « atténuer l’impact sur l’économie », tout en garantissant au pays une « position fiscale durable », promet la Troïka, dans un état des lieux des réformes entreprises en Grèce.

D’ici 2016 et non 2014, Athènes devra dégager 4,5% de PIB d’excédent primaire (différence entre les recettes et les dépenses hors charge de la dette). La même année, son déficit devra être ramené sous la barre des 3% du PIB.

« Consolidation budgétaire énorme »

Les 17 ministres de la zone euro se sont accordés lundi 12 novembre sur l’assouplissement du calendrier, mais restent très divisés sur les moyens supplémentaires à accorder au pays pour étendre son sauvetage à 2016. Faut-il de nouveau solliciter les contribuables pour financer la rallonge, estimée à 32,6 milliards d’euros ?

Le FMI, qui a déjà déboursé 21,7 milliards d’euros dans le cadre des deux plans de sauvetage grecs, réclame un allègement pur et simple de la dette grecque. Après l’abandon de créances à hauteur de 100 milliards d’euros par les bailleurs privés, ce serait donc au tour des bailleurs publics d’effacer une partie de l’ardoise.

A ce stade, le document sur l’examen du programme d’ajustement grec reste muet sur la « soutenabilité » de la dette du pays. Mais il s’étend longuement sur l’effort inédit concédé par Athènes. Depuis mai 2010, la Grèce s’est lancée dans une « consolidation budgétaire énorme », « l’une des plus grandes qu’aucun autre pays de l’UE n’ait fait depuis 30 ans », soit 6 points de PIB en 3 ans.

« Success stories » ?

La baisse de financement des retraites semble constituer la source d’économies la plus importante, avec un impact cumulé sur la « stratégie budgétaire de moyen terme » équivalent à 2,4% du PIB en 2013 et à 3% en 2016.  Le rapport cite un certain nombre de « success stories » inhérentes à la mise en place du remède de cheval administré au pays.

La couverture des médias porte souvent sur « les sujets controversés ou les effets négatifs du programme, donnant ainsi une vision biaisée qui dissimule les réussites notables », rapporte le document. La Troïka se félicite ainsi du reflux des dépenses dans le secteur de la santé ( - 1 milliard d'euros en 2012 et - 800 millions attendus d’ici 2014). « Le système comptable des hôpitaux s’est amélioré de manière substantielle », permettant de suivre en temps réel les mouvements financiers des établissements.

Le pays est désormais doté d’un « système de prescription électronique » parmi « les plus avancés d’Europe ». Sur place, la population souffre cependant d’une pénurie de médicaments et les retraités ont du mal à payer leurs traitements.

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