Services de paiement : Michel Barnier scandalisé par le lobbying de MasterCard

  

Le commissaire européen au marché intérieur, Michel Barnier se dit « surpris par une campagne inhabituelle de lobbying – une campagne américaine » émanant du groupe MasterCard.

La Commission européenne doit proposer de nouvelles mesures pour la création du marché européen unique des paiements (SEPA) le 24 juillet. 

Lors d'une rencontre avec des journalistes français à Bruxelles le 18 juillet, le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier a dénoncé les dernières campagnes de lobbying sur la directive des services de paiements (PSDII) et les frais bancaires.

Consultée par l’équipe d’Euractiv à Bruxelles, la nouvelle régulation proposée par Bruxelles veut fixer les commissions d’interchange multilatérales à 0,2 et 0,3 % de la valeur de la transaction pour les cartes de débits et de crédits.

« Nous avons le plus grand respect pour le commissaire Barnier et nous soutenons pleinement l’incitation aux paiements électroniques afin de stimuler la croissance économique, tout en protégeant les consommateurs européens" a répondu MasterCard (qui est annonceur d'Euractiv) au commissaire européen.

"Nous nous engageons à continuer à travailler de manière productive et constructive avec la DG Marché intérieur et services », a déclaré le porte-parole du groupe américain. 

Désaccords des associations de consommateurs

MasterCard a indiqué, tout comme l’association espagnole de consommateurs ADICAE, que des taux d’interchange bancaire bas desserviront les plus bas revenus et limiteront les paiements par carte pour privilégier les paiements en espèces. 

Pour le commissaire, "MasterCard a dépensé beaucoup d’argent dans cette campagne et a financé énormément d’études". "C’est une méthode de lobbying inacceptable, que j’ai rarement vue dans mes quatre années de mandats", a-t-il ajouté. 

La Commission européenne a d’ailleurs cité l’exemple français où les frais d'interchange ont été diminués sans pour autant augmenter les frais bancaires.

Le Bureau européen du consommateur (BEUC) ou la fédération des entreprises de la vente (Eurocommerce) soutiennent la position de la Commission qui devrait rendre le marché des services de paiements plus transparent.

Lire l'article d'Euractiv.com à Bruxelles

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