Si la Banque centrale européenne, qui se réunit aujourd'hui, a exprimé son inquiétude sur l'euro fort face au dollar, elle devrait maintenir ses taux d'intérêt. De leur côté, les ministres des finances de la zone euro ont, pour la première fois, fait part de leur préoccupation commune concernant le nouveau record franchi par leur monnaie.

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« La stabilité financière sera la priorité de l’ECOFIN dans les mois à venir »Conseil de l'Union européenne
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« Dans les circonstances actuelles, nous sommes préoccupés par l’évolution excessive des taux de change (…). Nous ne pensons pas que les récentes évolutions reflètent les fondamentaux économiques », a déclaré le premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, mardi 4 mars, lors d’une réunion des ministres de l’économie des 27. « Cette inquiétude n’avait jamais été exprimée ainsi », a-t-il ajouté.
Ces déclarations sont survenues au lendemain d’un nouveau record de l’euro, qui a franchi la barre des 1,5275 dollar, le 3 mars. Cette situation augmente encore le prix des exportations de l’Union vers ses plus grands partenaires commerciaux.
Depuis des mois, la France fait pression pour que la Banque centrale européenne (BCE) agisse face à la hausse de l’euro, affirmant que celle-ci nuit à la compétitivité de ses entreprises à l’exportation.
Certains pays de la zone euro, notamment les Pays-Bas et l’Allemagne, considèrent cependant qu’un euro fort à des avantages – plus particulièrement pour contrôler la forte augmentation des taux d’inflation, qui ont atteint le niveau record de 3,2% en février, c’est-à-dire bien au delà de la limite des 2%.
Alors que la force de l’euro devrait augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs européens, la hausse considérable des prix de l’énergie et de l’alimentation l’en empêche. De plus, au dernier semestre 2007, la consommation des ménages a diminué de 0,1%, et la croissance, tout comme les exportations, ont fortement ralenti, selon Eurostat, l’agence européenne de statistiques.
Face à cette situation, la BCE, qui organise sa réunion mensuelle le 6 mars, devrait maintenir les taux d’intérêt à 4%, malgré des signes d’attention pour les évolutions du marché de la monnaie.
Le 4 mars, dans un commentaire inhabituel sur les taux de change, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré : « Je considère comme très important ce qui a été réaffirmé par les autorités américaines, y compris le secrétaire au Trésor et le président George W. Bush, selon lesquels la politique du dollar fort est dans l’intérêt des Etats-Unis ». En clair, la grande faiblesse du dollar, notamment face à l’euro fort, commence à devenir problématique pour l’UE.
M Trichet s’est exprimé alors que le président de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, a provoqué une autre baisse de la valeur de la monnaie, en déclarant au Congrès que ce déclin contribuait à réduire le déficit commercial considérable des Etats-Unis.
La déclaration de M. Trichet a été également considérée comme un signe que la BCE pourrait envisager de réduire ses taux dans les mois à venir.
Elle a immédiatement été saluée par la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, qui a souligné que le président de la BCE, contrairement à son habitude, avait choisi de parler des taux de change dès le début de la réunion. Une intervention de la BCE sur le marché des changes pourrait en effet permettre de diminuer la valeur de l’euro.
La BCE n’a que très rarement baissé ses taux de change; il n’y a eu qu’un précédent, en 2000, pour apprécier l’euro par rapport au dollar.
S’agissant de la diminution des taux d’intérêt par la BCE, autre moyen pour la banque de réduire la valeur de l’euro, celle-ci paraît peu probable, l’inflation, dont la maîtrise demeure l’objectif premier de la BCE, atteignant des niveaux record.





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