Les réductions entrainées par les mesures d’économies annoncées par Nicolas Sarkozy ne devraient pas beaucoup rassurer nos partenaires européens. La France fait l’objet de vives critiques de la part des membres de la zone euro pour son manque de respect des critères du pacte de stabilité et de croissance. Contrairement à l’Allemagne, qui a pris pourtant des engagements au même moment que l’Hexagone en 2005, le déficit public français ne devrait pas passer en dessous de la barre des 3% avant 2012.

Selon le gouvernement, les économies prévues devraient représenter un gain de 7 milliards d’euros d’ici 2011. Parmi les mesures annoncées par le président français, « le remplacement d’un fonctionnaire sur deux, qui représente une économie de près de 3 milliards d’euros,  a cependant déjà été budgété », explique cependant Mathieu Plane, économiste sénior au département analyse et prévision de l’Office français des conjonctures économiques (OFCE). Si l’on fait le calcul, les nouvelles propositions gouvernementales devraient donc en réalité permettre une économie d’1 milliards d’euros par an sur trois ans. « Ce n’est pas grand-chose », ajoute Mathieu Plane. « Ce plan aura donc peu d’impact sur la dynamique de réduction du déficit ».

Le gouvernement semble pourtant s’être saisi de ces annonces pour montrer la bonne volonté du pays de contenter ses partenaires européens. Interrogée sur ce sujet à l’issue de la réunion des ministres de la zone euro, vendredi 4 avril, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a indiqué que le pays était en voie de réduire ses déficits après les mesures d’économies annoncées par le président Nicolas Sarkozy. « La France est sur ce chemin de l’amélioration de la situation économique par une maitrise des dépenses publiques, exprimée notamment ce matin par le président de la République. » « De cela nous sommes à la fois satisfaits – moi j’en suis très satisfaite – et nos partenaires européens sont extrêmement attentifs et sensibles à cet effort que nous entreprenons », a ajouté la ministre.

Le premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, n’a, quant à lui, pas commenté ces résultats directement : « Je n’ai pas eu le temps de regarder les mesures proposées. Quoi qu’il en soit nous avons indiqué à la France que le budget 2008 devait être exécuté avec la plus grande rigueur pour que le pays puisse respecter ses engagements ». En l’occurrence avoir un déficit inférieur à 3% du PIB d’ici 2010, voir 2012. « La situation budgétaire de la France sera examinée avant l’été », s’est ensuite borné à rappeler Jean-Claude Juncker, lors de la conférence de presse qui a suivi l’Eurogroupe.

Inquiets des performances budgétaires à venir en 2008, Jean-Claude Juncker avait toutefois exhorté, quelques minutes avant, les membres de la zone euro à rester « dans les clous de l’orthodoxie budgétaire et à ne pas oublier la nécessité qu’il y a à respecter le pacte de stabilité ». Un rappel à l’ordre qui concernait évidemment, entre autre, la France.