Entrée en récession, la France prépare un Sommet de crise pour trouver une réponse coordonnée à la dégringolade des marchés financiers. Tandis que le proche conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, évoque la possibilité de laisser les critères de Maastricht temporairement de côté.

Documents officiels
Présidence française de l'UE
Sommet sur la crise financière internationaleSénat
rapport sur le pacte de stabilité et de croissance, 2005
Revue de presse
Le Monde
Le plan de relance fait l'unanimité contre luiAgence France Presse
Crise
La France serait en récession a indiqué l’Insee, vendredi 3 octobre. Pour trouver une réponse coordonnée à la crise, l’Elysée à confirmé de son côté, l’organisation d’un sommet européen en présence de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni, samedi 4 octobre à Paris. L’objectif de cette rencontre est de « préparer la contribution des membres européens du G8 aux prochaines rencontres de cette enceinte consacrées à la crise financière internationale », indique le communiqué de presse de la Présidence française.
Lors de cette réunion, la France comptait proposer à ses partenaires la mise en place d’un fond européen de garantie destiné à prévenir toute faillite bancaire, selon les termes utilisés par la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, dans un entretien publié, jeudi 2 octobre, par le quotidien allemand Handelsblatt.
Un montant de 300 milliards d’euros aurait été évoqué àl’Elysée.
Avec une synchronisation parfaite, la chancelière allemande, Angela Merkel, a réagi dans un entretien publié le même jour par le Spiegel précisant qu’elle « n’entendait pas accorder de chèque en blanc aux banques, qu’elles se soient comportées de manière responsables ou pas ».
Laisser “fuiter” des propositions
Nicolas Sarkozy a pourtant démenti, jeudi 2 octobre, vouloir proposer un tel plan de soutien à ses partenaires. « Nicolas Sarkozy aime bien laisser “fuiter” des propositions pour tester ses idées. Etant donné la réaction de l’Allemagne, il est clair qu’il dément aujourd’hui », explique le directeur adjoint au département analyse et prévision de l’OFCE, Eric Heyer.
Selon l’économiste, la proposition française pourrait pourtant faire partie des solutions. « Pour absorber le choc de la crise du crédit qui va toucher les Européens en 2009, mettre sur pied un fond de garantie public pourrait permette de pallier l’absence d’endettement des agents privés qui risque de se produire».
Or, ce type de réponse est « plus efficace si elle est européenne. Et puis la France n’a plus beaucoup de marge de manœuvre », estime-t-il.
Pour éviter les risques de chômage et un trop fort ralentissement de la croissance, la France pourrait en outre laisser filer son déficit et ainsi ne pas respecter les critères du pacte de stabilité. C’est en tous cas ce qu’à laissé entendre l’un des proches conseillers de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, sur Canal Plus, jeudi 2 octobre. «Ces critères sont des règles de temps ordinaires et pas des règles de crise.» «Temporairement», face à la crise, ces critères «ne sont pas la priorité des priorités», a-t-il expliqué. Avant d’ajouter, «la priorité est de sauver le système bancaire mondial et par conséquent de sauver les économies des citoyens.»
Déjà critiqué par Bruxelles pour la mauvaise maitrise de ses dépenses publiques, la France a laissé entendre en juillet 2007 qu’elle respecterait les critères du pacte de stabilité en 2012 et non pas en 2010 comme prévu. (EurActiv.fr 11/07/08) Un report qui semble aujourd’hui encore trop proche.
Circonstances exceptionnelles?
En cas de non respect des critères de Maastricht, les traités prévoient une série de sanctions possibles pour l’Etat contrevenant. Mais les textes européens prévoient également des assouplissements en cas de circonstances exceptionnelles.
Si cette hypothèse a déjà été désapprouvée à plusieurs reprises par différents responsables européens reprochant à la France l’état de ses dépenses publiques, la situation de crise actuelle pourrait changer la donne. « L’idée que l’Etat ne s’endette pas quand l’activité est forte et s’endette dans le cas contraire est la bonne façon de gérer la politique économique. Dans la mesure où on est en période de faible activité, l’idée de l’endettement de l’Etat est plutôt intéressante», analyse Eric Heyer.
Mais « si l’on est d’accord pour que l’Etat prenne le relais des agents privés, il faudra qu’il mette en avant l’efficacité des dépenses publiques. Or aujourd’hui c’est ce qui n’est pas très bien fait », ajoute-t-il. En outre, la France a déjà laissé filer ses déficits pour se retrouver avec une croissance molle et une mauvaise dette.
La BCE ne change pas ses taux
Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux directeurs à 4,25%, jeudi 2 octobre. Même si son gouverneur, Jean-Claude Trichet a indiqué au cours d’une conférence de presse que la possibilité de diminuer ses taux avait été évoquée. Le rôle premier de la BCE étant de contrôler l’inflation cette décision était attendue. « Il n’y a aucun risque d’inflation », temporise cependant Eric Heyer, directeur adjoint au département analyse et prévision à l’OFCE. Evaluée à 3,6% en septembre l’inflation est en recul pour le deuxième mois consécutif.
Certains Etats membres, notamment la France ont pourtant réitéré leur souhait de voir diminuer les taux, craignant que ceux-ci ne pèsent trop sur le crédit et entrainent une récession économique dans le contexte de la crise financière actuelle.




Réagissez