Dans un entretien accordé à EurActiv.fr, Jacques le Cacheux, directeur du département des études de l'OFCE, souligne le role de l'Euro face à la crise, tout en se montrant critique à l'égard de la Banque centrale européenne (BCE).
L’euro constitue-t-il selon vous un bouclier anticrise ?
Oui, en partie : les pays de la zone euro ont beaucoup mieux résisté aux attaques spéculatives que ceux qui n’en font pas partie. Ceci a été mis en relief notamment avec le cas de l’Islande. Et s’explique en partie parce qu’il s’agit d’une grande monnaie, qui bénéficie d’une forte crédibilité internationale. Il est donc plus difficile de lancer des attaques spéculatives.
L’euro est pourtant souvent critiqué. Pourquoi ?
La faible réactivité de la BCE est l’une des explications. Les taux d’intérêt demeurent trop élevés. Dans le contexte actuel, le plus raisonnable serait une baisse des taux d’intérêt comme cela s’est produit aux Etats-Unis, au Japon ou en Grande-Bretagne.
Ceci ne remettrait pas en cause la force de l’euro?
Cela aurait un impact sur sa force, qui est un composant majeur de sa crédibilité internationale. Cependant, en ce moment, la relance de la consommation constitue une priorité si on veut freiner les effets de la crise. La meilleure solution est donc une baisse des taux d’intérêt.
Pourquoi l’euro a-t-il mieux résisté que le dollar ?
Il faut relativiser ceci : le dollar ne s’est pas montré plus faible que l’euro face à la crise. Il s’agit de fluctuations conjoncturelles qui ne sont pas significatives. Tant l’euro comme le dollar sont de grandes monnaies, et on ne peut pas dire que le dollar a été affecté par la crise économique en tant que monnaie de référence internationale.
L’euro pourrait-il arriver à remplacer le dollar comme monnaie de réserve internationale ?
C’est assez peu probable, sauf si on assiste à une crise majeure sur le dollar, mais ceci n’est pas envisageable en ce moment.
L’entrée de la Slovaquie dans la zone euro est-elle pertinente dans ce contexte de crise?
L’adoption de la Monnaie Unique par la Slovaquie ne peut comporter que des avantages pour ce pays. D’une façon générale, l’entrée de nouveaux Etats dans la zone Euro doit être encouragée. Ceci n’aurait pas de répercussions sur sa stabilité: la Slovaquie, de même que le reste des nouveaux pays constituent des économies minuscules par rapport à l’eurozone. L’Allemagne, la France et l’Italie sont les pays qui comptent le plus : à eux seuls ils représentent les 2/3 de l’économie de la zone euro. Les 12 nouveaux Etats en représentent seulement un 1/4. De nouvelles entrées dans la zone euro n’affecteront donc pas à sa stabilité.




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