Le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Moratinos, estime que la position allemande «est en train de bouger sur la bonne direction».

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CCIP: Réponse à la consultation de la Commission européenne sur la stratégie UE 2020
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Commission européenne: UE 2020
« Soyez patients ». À l’occasion d’une journée de visite en France, mardi 16 février, le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, a prôné la patience dans la mise en place des institutions européennes. « On ne peut pas improviser en 46 jours », a-t-il déclaré devant quelques journalistes.
La nouvelle Haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, a seulement été confirmée à son poste la semaine dernière, a-t-il rappelé. Et d’expliquer que l’une des tâches de la présidence espagnole de l’UE était bien de mettre en place les nouvelles institutions européennes.
Avec ses cinq têtes – président de la Commission, du Conseil européen, président tournant du Conseil de l’UE, du Parlement européen et Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité – la direction de l’UE est aujourd’hui mise en cause pour sa complexité.
Depuis sa prise de fonction, le 1er janvier 2010, les Espagnols ont d’ailleurs été critiqués pour le manque de lisibilité de leur action. Une situation jugée peu compréhensible par le ministre espagnol. « Il y a une contradiction. On veut une participation démocratique, un équilibre institutionnel différent, et quand on se donne tout cela, on veut un seul leader ! », s’est-il exclamé.
« Pourquoi rester dans la simplicité si l’Europe est complexe ?», a-t-il ajouté. Mettant en cause les Etats membres, le ministre des Affaires étrangères espagnol a indiqué que c’était à eux de donner du pouvoir à Herman Van Rompuy et à Catherine Ashton et pas aux institutions. « La simplification, c’est très facile mais est-ce que vous, les Français, vous vous laisserez faire ? », a-t-il demandé.
Précautions de langage
La volonté de la France et de l’Allemagne d’assurer le leadership de l’UE est en effet plus que jamais à l’ordre du jour. Lors du Conseil européen extraordinaire du 11 février, les deux pays ont organisé une conférence de presse commune, en même temps que celle du nouveau président du Conseil européen.
Outre la question institutionnelle, la mise en place d’une coordination des politiques économiques constitue le dossier prioritaire de la présidence espagnole. « Il faut coordonner les politiques économiques pour arriver, quand les mentalités auront bougé, à un véritable gouvernement économique de l’Europe », a déclaré M. Moratinos. Les précautions de langage sont en effet de mise dans ce domaine, l’Allemagne n’ayant, jusqu’à très récemment, jamais voulu entendre parler d’une gouvernance économique de l’UE.
« La gouvernance économique, c’est urgent », a martelé le ministre espagnol. Avant d’ajouter : « La présidence espagnole à un discours pratiquement similaire à l’administration française sur la gouvernance économique. Et les Allemands sont en train de bouger dans la bonne direction. »
Ce sujet devrait quoi qu’il en soit être au cœur des discussions sur le projet censé remplacer la stratégie de Lisbonne, qui arrive à échéance en 2010. La nouvelle stratégie devrait comporter cinq objectifs qui se déclineront ensuite en 23 projets de directives au maximum.
L’idée de mettre en place des sanctions pour les Etats qui ne respecteront pas leurs objectifs a été mise au placard. C’est pourtant l’absence de contrainte qui est à l’origine de l’échec de la stratégie de Lisbonne. Mais le refus des Etats membres de se faire imposer quoi que ce soit oblige les Espagnols en charge du dossier à évoquer des « surveillances d’application» par la Commission ou encore un « suivi » de la mise en oeuvre, dont les conclusions seront rendues publiques. Des « bons et des mauvais points seront attribués aux Etats, a indiqué M. Moratinos, afin de ne pas être à la merci des volontés et des aléas de chaque pays ».
Le squelette de la nouvelle stratégie devrait être adopté lors du Conseil européen des 25 et 26 mars.




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