La Grèce n'a pas demandé d'aide financière, a déclaré lundi 1er mars le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, ajoutant que l'Union européenne était prête à prendre des mesures en faveur d'Athènes.

S'exprimant devant des journalistes à l'issue de plusieurs réunions avec les autorités grecques, il a ajouté avoir perçu chez ces dernières une très forte détermination à mettre en oeuvre le programme d'austérité budgétaire.

"La zone euro est prête à prendre des mesures fortes et coordonnées pour assurer la stabilité de la zone. Nous en avons les moyens", a déclaré Olli Rehn.

Répétant des propos tenus plus tôt dans la journée, il a souligné que la Grèce avait besoin de prendre de nouvelles mesures de consolidation budgétaire, et ce "le plus vite possible pour résoudre la crise de la dette du pays."

Confiance des marchés

"Nous demandons aujourd'hui aux hommes et aux femmes de Grèce de faire corps avec notre cause commune qui est de sauver notre pays et l'écrasante majorité de nos concitoyens est prête à le faire en dépit du prix [à payer] et du fardeau… "Tout le monde dit oui", a indiqué de son côté le premier ministre George Papandréou.

Le chef du gouvernement grec doit rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel vendredi 13 mars à Berlin. Une réunion vraisemblablement primordiale car l'Allemagne paraît détenir le sésame pour débloquer une aide communautaire.

Une porte-parole du gouvernement allemand a persisté à dire qu'il revenait à la Grèce de consolider ses finances publiques pour retrouver la confiance des marchés. Elle a également ajouté que Berlin n'avait rien de neuf à signaler concernant d'éventuelles mesures de soutien.

Les coûts d'emprunt de la Grèce sont tombés lundi 1er mars à leur niveau le plus bas depuis la mi-février, les marchés ayant anticipé du nouveau du côté d'Athènes, par exemple des hausses d'impôt et une réduction des dépenses, pour, si ce n'est combler le déficit, au moins le réduire sensiblement.

Les spreads des dettes italienne, espagnole et portugaise ont également rétréci.

Identifier les spéculateurs

Cela pourrait en retour pousser l'UE à traduire dans les faits son soutien verbal à la Grèce, confrontée à une échéance de l'ordre de 25 milliards d'euros d'ici la fin mai. L'aide pourrait prendre la forme de garanties publiques apportées aux banques qui souscriraient à la dette souveraine du pays, ont déclaré des parlementaires allemands et européens.

Pour l'heure, la Grèce doit encore payer plus de trois points au-dessus des rendements des Bund allemands, pour pouvoir emprunter sur les marchés de capitaux.

Les autorités européennes ont également choisi, semble-t-il, de prendre à bras-le-corps le problème de la spéculation contre la dette grecque.

Selon une source proche du dossier, les autorités financières allemandes ont ainsi pris des mesures pour identifier ceux qui spéculent sur la dette grecque, dans le but d'éviter qu'ils n'engrangent des bénéfices indus dans le cas d'une assistance à la Grèce.