Le gouvernement de George Papandréou a rendu public, mercredi 3 mars, un nouveau plan destiné à dégager 4,8 milliards d'euros d'économies supplémentaires grâce à une hausse de la fiscalité et une réduction des dépenses. Cette initiative a été immédiatement saluée par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

L'Allemagne est toutefois venue tempérer les espoirs grecs et les attentes des marchés qui pensaient que ces annonces se traduiraient par un soutien plus concret à Athènes. Berlin a prévenu que la réunion prévue vendredi 5 mars entre la chancelière Angela Merkel et le premier ministre grec ne se conclurait pas par une offre d'aide.

"Je précise qu'il ne s'agit pas de proposer des aides pour la Grèce lors de cette entrevue, mais d'entretenir les bonnes relations entre l'Allemagne et la Grèce", a précisé Angela Merkel, ajoutant qu'il n'y avait pas d'autres possibilités pour la Grèce que "d'accomplir son propre travail".

Le nouveau plan d'austérité d'Athènes, le troisième en trois mois, prévoit notamment une augmentation de deux points de la TVA à 21% et une réduction de 30% des primes salariales ainsi qu'un gel des retraites en 2010 dans la fonction publique.

Les contribuables qui gagnent plus de 100.000 euros seront plus lourdement taxés de même que les grands propriétaires immobiliers, ce qui est le cas de l'Eglise orthodoxe.

Devant les membres de son parti, le Pasok, le Premier ministre George Papandréou a comparé mardi 2 mars les difficultés budgétaires de son pays à une guerre et prévenu qu'il serait contraint de prendre des mesures difficiles, parfois injustes.

L'euro a progressé dans la foulée de l'annonce de ces nouvelles mesures. "Le soulagement est évident sur les marchés monétaires depuis que la Grèce a annoncé ses mesures d'austérité supplémentaires. Cela (…) augmente leur chance de se sortir de leurs problèmes", commente Peter Chatwelle, spécialiste des taux à Crédit Agricole CIB.

Grèves

Les mesures entreprises par le gouvernement grec ne font pas l'unanimité dans le pays. Environ 500 retraités ont défilé dans le centre d'Athènes en direction du ministère des Finances pour protester contre les nouvelles mesures. Des salariés de la fonction publique prévoient également de manifester devant le ministère.

L'ADEDY, principal syndicat de la fonction publique, a fustigé le nouveau plan d'austérité qui risque selon lui d'entraîner des troubles sociaux. Quant au syndicat GSEE, le premier du secteur privé, il a appelé à l'organisation d'une grève à la fin mars.

Les sondages d'opinion montrent cependant que le gouvernement de George Papandréou bénéficie du soutien d'une majorité de la population.

Selon une source gouvernementale, le premier ministre a déclaré aux membres de son gouvernement qu'il solliciterait une aide du Fonds monétaire international si les Européens refusaient de voler au secours de son pays.

FMI

"Le premier ministre a dit lors du conseil des ministres qu'il existait une option pour la Grèce consistant à se tourner vers le FMI si l'UE ne lui apportait pas son soutien", a déclaré la source qui a assisté au conseil des ministres.

George Papandréou a reçu un soutien inattendu de l'agence de notation S&P qui s'est dit moins pessimiste que les marchés concernant la crise grecque. "Le crédit politique de ce gouvernement est toujours très élevé si l'on en croit les derniers sondages", a déclaré à Reuters David Beers, directeur de S&P pour les notations souveraines.

La chanteuse Nana Mouskouri, âgée de 75 ans, a déjà répondu à l'appel aux sacrifices du Premier ministre. Elle a décidé de renoncer à sa retraite d'eurodéputé pour en faire don à l'Etat grec.