Une solution définitive au problème du Kosovo pourra être trouvée une fois que la Serbie sera membre de l'UE, a déclaré Ivo Visković, ambassadeur serbe auprès de Berlin, dans un entretien accordé à EurActiv Allemagne.
Documents officiels
Commission européenne
DG élargissement, SerbieParlement européen
Résolution du Parlement européen du 5 février 2009 sur le Kosovo et le rôle de l'Union européenneParlement européen
Un an après l'indépendance du Kosovo, Pieter Feith fait le bilan
Revue de presse
« La Serbie est prête à trouver un compromis sur la reconnaissance et la souveraineté du Kosovo », a confié le diplomate serbe à EurActiv.de.
« La situation au Kosovo pourra être entièrement réglée après notre adhésion à l'UE », a-t-il ajouté, rappelant que la résolution du différend avec le Kosovo ne constituait pas une condition officielle à l'adhésion de la Serbie à l’UE.
« La décision de la Cour internationale de Justice, qui a examiné la légalité de la déclaration d'indépendance du Kosovo à la demande de la Serbie, devrait être rendue en juin, a-t-il rappelé. Selon l’Ambassadeur, Belgrade se montrerait prête à renégocier à la suite de cette décision, en vue de trouver un compromis viable.
« Bien que la Serbie soit prête à faire certains sacrifices et certaines concessions, elle n'acceptera pas pour autant l'acquisition par le Kosovo d’une souveraineté internationale ou militaire formelle », a-t-il nuancé.
La proclamation d'indépendance unilatérale du Kosovo en février 2008, validée par 22 Etats membres de l’Union sur 27, n'a en effet pas été reconnue par Belgrade, qui rejette toujours l’hypothèse d’une reconnaissance officielle.
Le diplomate, qui a confirmé que les leaders actuels en Serbie n’envisageaient pas que Belgrade puisse régner à nouveau un jour sur le Kosovo, a néanmoins insisté sur la nécessité de trouver une solution équitable pour tous, c’est-à-dire susceptible de « sauver la face » côté serbe.
La Serbie veut un traitement équitable
La Serbie a déposé sa candidature à l'UE le 22 décembre 2009. Le Kosovo, qu’elle a longtemps considéré comme l’une de ses provinces méridionales, aspire également à rejoindre l’UE.
« La Serbie se prépare progressivement à l'intégration dans l'UE. Mais l’avancée du processus vers l’adhésion ne doit pas être ralentie par le scepticisme de certains Etats membres [comme l’Allemagne] ou par les questions extérieures - telles que la reconnaissance du Kosovo », a revendiqué le diplomate.
Bien que l'UE se garde pour le moment de mentionner un quelconque calendrier d'adhésion pour les pays des Balkans occidentaux, Ivo Visković considère pour sa part 2014 comme une échéance envisageable. Le processus s’annonce plutôt long.
« Personne en Serbie ne se formalisera si l'UE reporte l'adhésion à 2014, car nous n'avons pas atteint les standards européens requis ». « Toutefois, les gens ont peur que l'UE puisse dire que la Serbie est presque prête mais qu'il n'existe aucune perspective européenne pour elle en raison de l'attitude de certains pays, ou à cause de telle ou telle circonstance extérieure », a-t-il expliqué.
« L'adhésion de la Serbie à l'UE doit être fondée sur les seuls progrès de la Serbie, non pas sur les développements dans des pays tiers ou sur des problèmes à l'intérieur de l'UE », a-t-il spécifié.
Enfin, le diplomate serbe a mis en avant les progrès réalisés par son pays vers le respect des critères d’adhésion fixées par l’UE, tels que le respect des conditions de libéralisation des visas.
Plusieurs éléments décisifs légitiment l’adhésion du pays, estime le diplomate. « Nous méritons d’adhérer pour notre situation géographique, notre système de valeurs, notre culture, notre système politique et notre système économique. Nous ne sommes pas un pays arriéré. Nous croyons fermement que nous pouvons atteindre toutes les normes européennes, même si nous avons certaines spécificités qui pourraient sembler étranges à certains Etats membres de l'UE ", a-t-il conclu.
Pas de malentendu sur l’adhésion serbe en France
En visite à Belgrade et Pristina les 28 février et 1er mars, Bernard Kouchner a réaffirmé le soutien français à la candidature serbe.
Appelant la Serbie à plus de souplesse, le ministre des Affaires étrangères et européennes a rappelé que l'indépendance du Kosovo était irréversible. Pour autant, la reconnaissance de Belgrade n'est pas « une pré-condition » à une adhésion de la Serbie à l’UE, selon le ministre.
Si la question du Kosovo ne doit pas remettre en cause l’avancée du processus, « la Serbie, autant que tout autre pays candidat, doit résoudre, avant d'entrer dans l'UE, ses problèmes avec ses voisins, tous ses voisins, également ceux qui comptent devenir membres de l'UE », a-t-il souligné dans un entretien accordé le 27 février au quotidien serbe Vecernje Novosti.
Du point de vue français, la recherche d’un compromis innovant entre les deux pays reste une nécessité.
« Un compromis historique est toujours possible », a concédé pour sa part le vice-premier ministre serbe chargé de l’intégration européenne, Bozidar Djelic, après un entretien avec son homologue français. Mais la Serbie ne reconnaîtra pas « indirectement ou directement » le Kosovo.






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