« La Serbie est prête à trouver un compromis sur la reconnaissance et la souveraineté du Kosovo », a confié le diplomate serbe à EurActiv.de.

« La situation au Kosovo pourra être entièrement réglée après notre adhésion à l'UE », a-t-il ajouté, rappelant que la résolution du différend avec le Kosovo ne constituait pas une condition officielle à l'adhésion de la Serbie à l’UE.

« La décision de la Cour internationale de Justice, qui a examiné la légalité de la déclaration d'indépendance du Kosovo à la demande de la Serbie, devrait être rendue en juin, a-t-il rappelé. Selon l’Ambassadeur, Belgrade se montrerait prête à renégocier à la suite de cette décision, en vue de trouver un compromis viable.

« Bien que la Serbie soit prête à faire certains sacrifices et certaines concessions, elle n'acceptera pas pour autant l'acquisition par le Kosovo d’une souveraineté internationale ou militaire formelle », a-t-il nuancé.

La proclamation d'indépendance unilatérale du Kosovo en février 2008, validée par 22 Etats membres de l’Union sur 27, n'a en effet pas été reconnue par Belgrade, qui rejette toujours l’hypothèse d’une reconnaissance officielle.

Le diplomate, qui a confirmé que les leaders actuels en Serbie n’envisageaient pas que Belgrade puisse régner à nouveau un jour sur le Kosovo, a néanmoins insisté sur la nécessité de trouver une solution équitable pour tous, c’est-à-dire susceptible de « sauver la face » côté serbe.

La Serbie veut un traitement équitable

La Serbie a déposé sa candidature à l'UE le 22 décembre 2009. Le Kosovo, qu’elle a longtemps considéré comme l’une de ses provinces méridionales, aspire également à rejoindre l’UE.

« La Serbie se prépare progressivement à l'intégration dans l'UE. Mais l’avancée du processus vers l’adhésion ne doit pas être ralentie par le scepticisme de certains Etats membres [comme l’Allemagne] ou par les questions extérieures - telles que la reconnaissance du Kosovo », a revendiqué le diplomate.

Bien que l'UE se garde pour le moment de mentionner un quelconque calendrier d'adhésion pour les pays des Balkans occidentaux, Ivo Visković considère pour sa part 2014 comme une échéance envisageable. Le processus s’annonce plutôt long.

« Personne en Serbie ne se formalisera si l'UE reporte l'adhésion à 2014, car nous n'avons pas atteint les standards européens requis ». « Toutefois, les gens ont peur que l'UE puisse dire que la Serbie est presque prête mais qu'il n'existe aucune perspective européenne pour elle en raison de l'attitude de certains pays, ou à cause de telle ou telle circonstance extérieure », a-t-il expliqué.

« L'adhésion de la Serbie à l'UE doit être fondée sur les seuls progrès de la Serbie, non pas sur les développements dans des pays tiers ou sur des problèmes à l'intérieur de l'UE », a-t-il spécifié.

Enfin, le diplomate serbe a mis en avant les progrès réalisés par son pays vers le respect des critères d’adhésion fixées par l’UE, tels que le respect des conditions de libéralisation des visas.

Plusieurs éléments décisifs légitiment l’adhésion du pays, estime le diplomate. « Nous méritons d’adhérer pour notre situation géographique, notre système de valeurs, notre culture, notre système politique et notre système économique. Nous ne sommes pas un pays arriéré. Nous croyons fermement que nous pouvons atteindre toutes les normes européennes, même si nous avons certaines spécificités qui pourraient sembler étranges à certains Etats membres de l'UE ", a-t-il conclu.

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