Le commissaire à l'Elargissement, Štefan Füle, a délibérément quitté avant son terme un sommet régional en Slovénie le 20 mars. Une manière de signifier l'impatience de l'UE face aux problèmes politiques dans les Balkans occidentaux.
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Lors d’une visite en Albanie le 19 mars, le commissaire européen à l’Elargissement, Štefan Füle, a été particulièrement ferme avec Tirana. Il a indiqué que si l’impasse politique dans laquelle se trouvait le pays se prolongeait, elle pourrait nuire à l’accession de Tirana à l’UE.
L’opposition socialiste albanaise, qui dispose de près de la moitié des sièges au Parlement, a boycotté l’assemblée au cours des six derniers mois empêchant l’adoption de nombreux textes. Or certains d’entre eux font partie de l’acquis communautaire que le pays doit intégrer pour adhérer à l’UE.
L’Albanie a fait acte de candidature à l’UE au mois d’avril 2009. En juin, les ministres de l’UE ont indiqué qu’ils se positionneraient sur la candidature du pays quand les élections albanaises seraient terminées.
Mais depuis le scrutin de juin, le parti démocratique du premier ministre Sali Berisha et le leader de l’opposition socialiste, Edi Rama, s’accusent mutuellement de fraude.
« Un Parlement qui fonctionne parfaitement est essentiel pour faire marcher la démocratie. Si le blocage politique actuel persistait, cela pourrait empêcher l’Albanie d’atteindre les standards politiques nécessaires pour qu’un pays puisse faire acte de candidature à l’UE », a indiqué Štefan Füle.
Le commissaire a déclaré que les boycotts des parlementaires n’avaient pas leur place dans une démocratie telles qu’elles existent dans l’UE.
Fiasco slovène
Après Tirana, le commissaire s’est rendu à Brdo, en Slovénie, pour assister à une conférence sur l’avenir européen des Balkans occidentaux.
La rencontre a été boycottée par le président serbe, Boris Tadic. Celui-ci a refusé de siéger à cette réunion où se trouvait le premier ministre du Kosovo, Hasim Thaçi. Les Serbes ont prévenu qu’ils assisteraient uniquement à des conférences internationales où le Kosovo serait représenté par la mission intérimaire d’administration du Kosovo (UNMIK). Selon eux, le Kosovo est un protectorat, même s’il s’est déclaré indépendant en février 2008.
Štefan Füle était le seul représentant de l’UE présent à cette réunion. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, avait annoncé qu’il n’assisterait à cette réunion que si tous les pays étaient représentés. Même chose pour le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, qui assure la présidence tournante de l'UE. Mais ce message politique important n’a pas fait évoluer la position de Belgrade.
La réunion de Brdo s’est terminée prématurément, quand M. Füle a quitté les lieux, 45 minutes avant la fin initialement prévue.
« Les pays doivent comprendre que la coopération est utile », a indiqué la presse locale. « Eviter les contextes multilatéraux n’est pas très prudent de la part des Serbes. S’ils continuent de boycotter ces réunions cela ne se passera pas très bien », a indiqué à EurActiv.fr un diplomate croate.
La reconnaissance du Kosovo par Belgrade n’est pas un prérequis pour l’adhésion de ce pays à l’UE. Mais les diplomates insistent sur le fait que la coopération régionale est un devoir.
A l’initiative de la présidence espagnole et de l’Italie, une autre rencontre visant à renforcer la coopération dans les Balkans doit avoir lieu au mois de mai ou juin.
POSITIONS:
Le ministre des Affaires étrangères albanais Llir Meta a concédé que la situation politique ne « contribuait pas » à accélerer l’adhésion du pays à l’UE.
Le président du conseil des ministres de Bosnie-Herzegovine, Nikola Špirić, avait indiqué qu’il quitterait la réunion de Brdo quand le premier ministre du Kosovo Hashim Thaçi s’exprimerait. La Bosnie n’a pas reconnu l’indépendance du Kosovo.






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