Claude Fischer, présidente du think-tank Confrontations Europe, appelle l'UE à tenir les promesses faites à la Turquie en 2005. Selon elle, les arguments économiques et stratégiques forts dont dispose Ankara doivent clairement l'emporter dans les négociations sur les inquiétudes politiques d'une minorité d'Etats membres.
Les négociations étaient à peine ouvertes, que des dirigeants et élus européens multipliaient les réactions négatives pour convaincre un opinion publique, encore sceptique sur l'entrée des pays d'Europe centrale et orientale et des Pays baltes, que l'Union et les Européens étaient "fatigués de l'élargissement", et que des membres du Conseil et du Parlement européen rivalisaient pour définir de nouvelles conditions à l'adhésion. La Turquie pourra bien remplir tous les critères de Copenhague ou adopter tous les acquis communautaires, la balle sera dorénavant dans le seul camp de l'UE et sa "capacité d'absorption".
Quelques gouvernements - remettant en cause unilatéralement leurs engagements -sont même revenus à une proposition de "partenariat stratégique", alors que nos relations sont d'ores et déjà basées sur un accord d'association, conclu en1963 et une union douanière en vigueur depuis 1996, qui, si elle pose quelques problèmes, est l'accord le plus poussé que l'Union ait signé avec un Etat non membre.
Par ailleurs, la mise en place d'un groupe de sages sur le tracé des frontières de l'UE et le projet de l'Union pour la Méditerranée ne participent-ils pas aussi, même indirectement, aux efforts pour faire avorter l'objectif de l'adhésion de la Turquie à l'UE?
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