Alors que la Croatie et la Macédoine remportent tous les suffrages ou presque, le cas turc continue de diviser les députés européens.
Documents officiels
Parlement européen
Adhésion à l'UE, les pays candidats doivent poursuivre les réformesParlement européen
Débat en plénière sur les rapports de suivi de la Croatie, Macédoine et TurquieCommission européenne
stratégie d'élargissement 2009-2010
Réunis mercredi 10 janvier en session plénière pour débattre des élargissements futurs de l’UE, les eurodéputés ont adopté trois résolutions sur la Croatie, la Macédoine et la Turquie. Celles-ci définissent une position commune du Parlement européen en direction des pays candidats et de l’exécutif européen.
A la base des discussions, les rapports de suivi adoptés le 14 octobre dernier par la Commission pour l’année 2009. Ils évaluent les avancées concrètes réalisées par chaque candidat au cours des douze derniers mois. Ces documents dressent également la liste des efforts qui restent à fournir en vue de l’adhésion.
Invités à s’exprimer en début de séance, le nouveau commissaire à l’Elargissement, Stefan Füle, investi le jour même par l’assemblée, et le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes, Juan Lopez Garriga, ont fait la synthèse et décliné leur programme d’action conjoint pour l’année à venir.
Conclure les négociations avec la Croatie en 2010
Les députés européens ont évalué positivement les efforts fournis par la Croatie, adoptant à l’immense majorité (582 voix) la résolution préparée par l’eurodéputé Hannes Swoboda (S&D, AT). « La clôture des négociations d’ici la fin 2010 reste possible si les progrès dans le pays se poursuivent », a déclaré quant à lui Stefan Füle.
Les principaux problèmes encore en suspend concernent la réforme du secteur judiciaire et de l’administration publique, la lutte contre la corruption, la protection des minorités, le retour des réfugiés ou encore le traitement des criminels de guerre.
Ouvrir les négociations avec la Macédoine
Saluant les avancées de la Macédoine en 2009, les députés se sont prononcés pour l’ouverture des négociations d’adhésion avec le pays. Ils ont appelé le Conseil à fixer le calendrier lors du Conseil européen de mars 2010, en écho à la recommandation de la Commission.
Les problèmes de chômage, de l’accès à la justice, ou encore du respect des recommandations de l’OSCE dans le domaine des droits de l’homme ont néanmoins été soulevés par les parlementaires.
« Il faut éviter le blocage des discussions », a déclaré le rapporteur Zoran Thaler (S&D, SL), invitant la Grèce à coopérer avec Skopje et l’ensemble des autorités européennes compétentes pour régler le différend qui l’oppose au pays. Les parlementaires ont aussi invité la macédoine à plus de souplesse sur cette question.
Un message critique mais équilibré en direction de la Turquie
Dans le cas de la Turquie, les députés ont insisté sur le respect des critères politiques de Copenhague. A l’unanimité, ils ont jugé préoccupantes les décisions récentes prises par la Cour constitutionnelle, concernant l’interdiction du parti pro-kurde DTP ou l’annulation de la législation limitant la juridiction des tribunaux militaires. La députée en charge du rapport, Ria Oomen-Ruijten (PPE, NL), a proposé que la constitution turque soit révisée.
La question chypriote ne pourra être évitée si Ankara souhaite progresser vers l’adhésion, ont par ailleurs rappelé les parlementaires.
Pour autant, les députés se sont engagés à maintenir ouvertes les négociations d’adhésion, et à traiter équitablement le pays, en réponse aux efforts fournis par la Turquie.
POSITIONS
Bernd Posselt (PPE), a appelé l’UE à respecter ses propres critères. « Il reste des efforts, mais dire que la balle est uniquement dans le camp de la Croatie n’est pas vrai. Même chose pour la Macédoine », a-t-il déclaré, appelant la Slovénie à ratifier l’accord d’arbitrage conclu avec Zagreb en novembre dernier. Le député a également mis en garde la Grèce contre les violations du droit international commises dans le cadre de son différend avec la Macédoine.
Exprimant la position du groupe des Verts, Franziska Brantner a mis l’accent sur la situation des homosexuels en Croatie, réclamant la mise en œuvre réelle des dispositions antidiscriminatoires adoptée par le pays. « L’absence de vision en matière de politique énergétique reste problématique », a-t-elle par ailleurs ajouté.
Dans un communiqué de presse, l'eurodéputée Hélène Flautre (Verts/ALE) a regretté que le Parlement se montre moins déterminé que la Présidence de l'Union européenne sur l'avenir de la Turquie dans l'UE.
« L’élargissement est une des politiques les plus réussies de l’UE, et nous sommes les plus fervents partisans de l’élargissement », a déclaré Kristian Vegenin (S&D). « Il nous faut envoyer un signal très fort en direction des candidats, leur dire que nous restons engagés dans le processus. Mais l’UE ne doit pas fermer les yeux sur le respect des critères politiques ».
Le groupe Gauche Unitaire européenne a fermement soutenu l’adhésion de la Turquie. « Nous sommes convaincus que l’adhésion est indispensable pour la population turque et la protection des minorités », a déclaré l’eurodéputé Takis Hadjigeorgiou. « Il faut arrêter de lancer des signaux contradictoire à la Turquie, et briser ce cercle vicieux qui repose sur l’absence de confiance réciproque », a confirmé Raimon Obiols (S&D).
« La Turquie n’a pas sa place en Europe », a quant a lui réaffirmé Charles Tannok, membre du groupe des Conservateurs et Réformistes européens. Une opinion partagée par le groupe des Non-Inscrits. « Il faut condamner l’attitude turque et arrêter les négociations », a lancé Barry Madlener (NI), allant plus loin encore. «Nous ne voulons pas d’élargissement, pour personne. La souplesse de l’attitude européenne est une faiblesse », a-t-il déclaré.





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