Bulgarie : pays pauvre, et pas seulement selon les standards européens

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Après trois ans d'appartenance à l'UE, la Bulgarie reste l'un de ses pays les plus pauvres, dans l'UE mais aussi dans l'ensemble des Balkans. Un reportage de Dnevnik, partenaire d'EurActiv en Bulgarie.

En 2009, le salaire moyen dans le pays était de 302 euros par mois, d'après des données du Vienna Institute for International Studies. Selon cet indicateur, la Bulgarie ne s'en sort mieux que face à l'Albanie seulement et elle est largement à la traîne derrière la Roumanie, l'autre pays à avoir rejoint l'UE en 2007.

Cet environnement négatif est aggravé par des données de la Confederation of Independent Syndicates in Bulgaria (KNSV), d'après lesquelles 1 famille sur 5 vivrait en dessous du seuil de pauvreté : ce qui veut dire 95 euros par mois par personne.

Cela a également été confirmé par le ministère bulgare à la politique sociale, qui a déclaré qu'en 2008, 1/5 de la population en Bulgarie vivait à la limite du seuil de pauvreté. Les statistiques montrent que ce taux se monte à 17 % dans l'UE dans son ensemble.

D'autre part, des experts économiques du KNSB, une organisation syndicale, ont calculé qu'en mars 2010, une famille de 4 membres composée de deux adultes et deux enfants avait besoin de 980 euros pour couvrir toutes ses dépenses quotidiennes, c'est-à-dire 2,1 % de plus que dans la même période l'an dernier. D'après  l'organisation syndicale, seulement 11 % des ménages bulgares gagnent un tel montant ou plus.

Les Bulgares sont de plus en plus pauvres et diminuent leur consommation, d'après les données apportées par l'Institut national des statistiques bulgare. En décembre 2009, chaque ménage gagnait seulement 415 euros par mois, ce qui représente 60 euros de moins que l'année précédente.

Bien que ces dernières années les Bulgares aient dépensé plus en nourriture, les statistiques officielles montrent que cette année, ce montant a diminué. Les gens achètent moins de produits, ou des articles moins chers et de moindre qualité, d'après les experts. Les dépenses en matière de vêtements, de chaussures, de rénovation des habitations, d'entretien et de transports diminuent également. En même temps, le montant dépensé en cigarettes, alcool et santé a légèrement augmenté.

L'emploi engendre des "travailleurs pauvres"

Il y a aussi une autre tendance alarmante : environ 636 000 personnes – ou un tiers des citoyens employés en Bulgarie – appartient à la catégorie des "travailleurs pauvres" car le salaire moyen dans leur secteur est considérablement moins élevé que la moyenne nationale. Cette tendance touche surtout les industries du prêt-à-porter, de la menuiserie, de la construction, de l'entretien et du jardinage.

Les principales raisons de l'appauvrissement croissant des Bulgares sur cette dernière année sont les retards, le gel et même la chute des salaires dans de nombreuses organisations à la fois dans les secteurs public et privé, de même que la forte augmentation du chômage. Le taux de chômage en Bulgarie au sein de la population active a dépassé les 10 % ces 18 derniers mois.

Le budget réduit pour les programmes d'emplois subventionnés sera contrebalancé par de nouveaux projets dans le cadre du programme "développement des ressources humaines", comme promis par le ministre des Affaires sociales Totio Mladenov. Le dernier projet dans le cadre de ce programma a débuté en mars. Avec l'aide du plan, 65 000 chômeurs débuteront des formations et 52 000 devraient trouver un travail après avoir acquis de nouvelles qualifications en suivant ces formations.

En conséquence des problèmes financiers de ces derniers mois, le gouvernement a remis à plus tard l'une des mesures de soutien aux personnes retraitées, qui représentent le groupe le plus vulnérable de la société car leurs revenus sont les plus faibles. A partir du 1er juillet, les personnes âgées de plus de 75 ans qui gagnent jusqu'à 150 euros par mois devaient être considérées comme éligibles à des allocations de retraite supplémentaires. Toutefois, le gouvernement a récemment décidé de ne pas enclencher le plan et utilisera l'argent pour d'autres mesures de soutien social à la place.

 Je pense qu'il s'agit du moment le plus propice pour garantir un système de pension stable financièrement, car la crise met les projecteurs sur les défauts structurels et les réformes non terminées en Bulgarie et en Europe, a confié Florian Fichtl, un représentant de la Banque mondiale pour la Bulgarie, à Dnevnik.

En 2025, presque 1/5ème des Bulgares auront plus de 65 ans, ce qui représentera la plus grand part parmi les nouveaux Etats membres de l'UE, a dit M. Fichtl.

Aujourd'hui, 17 à 20 % des retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté, a déclaré Jordan Hristoskov, recteur adjoint de l'High School for Insurance and Finances et ancien manager du Bulgarian National Insurance Institute, dans le cadre d'un panel discutant des réformes des pensions.

D'après M. Hristoskov, la pension la plus basse en Bulgarie ne devrait pas se situer au-dessous du seuil de pauvreté, car si c'est le cas, alors l'Etat produira officiellement de la pauvreté.

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