L’Islande se dit prête à adhérer en 2011 [FR]

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Le pays nordique, frappé par la crise, a remis sa demande officielle d’adhésion à l’UE vendredi (17 juillet) et sera prêt à achever les négociations dès la fin de l’année prochaine, selon l’ambassadeur islandais auprès de l’UE, dans un entretien avec EurActiv.

Stefan Hakur Johannsson a declaré que la candidature formelle avait été remise à la Suède, qui occupe actuellement la présidence tournante de six mois de l’UE, et il a ajouté qu’il espérait que ce geste recevrait un écho politique.

L’Islande espère maintenant que sa demande d’adhésion sera discutée lors de la rencontre des ministres européens des Affaires étrangères le 27 juillet, a-t-il dit.

L’ambassadeur a également confirmé l’espoir du pays de voir la fin des négociations dès la fin de l’an prochain. 

J’y crois, effectivement, a-t-il expliqué. Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn l’a pratiquement confirmé, et de plus l’Islande est déjà profondément intégrée en Europe, a-t-il confié à notre site Internet.

Nous faisons partie de l’Espace économique européen, nous avons adopté près de 75 % de la législation européenne sur le marché intérieur, et nous avons d’ores et déjà intégré une bonne partie de l’acquis communautaire pertinent, a-t-il déclaré. Nous sommes bien plus avancé dans le processus d’intégration que d’autres pays candidats. Nous faisons également partie de Schengen, a ajouté l’ambassadeur.

Il a précisé qu’un élément de la stratégie de long terme de son pays était de rejoindre la zone euro.

M. Johannsson a affirmé formellement que son pays avait les capacités administratives pour s’occuper des négociations d’adhésion à l’UE. Bien que nous ayons une petite administration, elle est efficace, a-t-il dit.

Le Parlement islandais a apporté son soutien jeudi (16 juillet) au projet gouvernemental de débuter les négociations d’adhésion avec l’Union européenne, une perspective encore impensable avant que la crise financière mondiale ne dévaste l’économie de l’île (EurActiv 17/07/09).

L’an dernier, le pays a reçu une enveloppe de secours pour son secteur financier de 10 milliards de dollars de la part du Fonds monétaire international.

L’ambassadeur décrit la situation économique en ces termes :

C’est difficile. Nous menons un programme de relance et de restructuration de l’économie. Il existe des éléments positifs : l’inflation est en baisse, les balances commerciales sont positives, mais il nous reste encore des défis difficiles à affronter.

Mais nous sommes une nation forte, travailleuse et nous nous en sortirons, a-t-il conclu.

Pour lire une version complète de cet entretien, cliquez ici

EurActiv s’est procuré le document islandais « Motifs de l’adhésion », rédigé le jour où le parlement du pays a voté en faveur du début de discussions d’adhésion à l’UE :


Motifs de l’adhésion

Ayant travaillé côte à côte avec l’UE depuis notre adhésion à l’Association européenne de libre échange (AELE) en 1970, l’Islande est aujourd’hui prête pour la prochaine étape et elle croit que l’appartenance à l’UE sert des intérêts mutuels. Les 15 années d’expérience de l’Islande sur le marché intérieur de l’UE à travers l’AELE sont vitales.

La crise financière mondiale et ses conséquences en Islande ont bien entendu été un catalyseur aux aspirations européennes. En réalité, on trouve d’autres exemples de pays européens qui ont demandé à rejoindre l’Union en temps de crise économique. L’appartenance à l’Union puis l’adoption de l’euro font partie de la stratégie islandaise pour une stabilité économique de long terme, comme cela se reflète dans le programme économique robuste du FMI. La mondialisation demande plus de coopération, pas le contraire.

En tant que partenaire de rang égal, l’Islande espère apporter des contributions substantielles dans des domaines tels que la pêche durable, l’énergie renouvelable, la politique arctique et l’environnement, ainsi qu’au renforcement de l’intégration, de la compétitivité et de la cohésion sociale de l’UE.

Comme ce fut le cas pour d’autres négociations d’adhésions, il reste des défis à relever. Cependant, le gouvernement d’Islande est confiant qu’en toute bonne foi, avec détermination et compréhension, l’Islande et l’UE trouveront des solutions acceptables par les deux parties, qui à la fois respecteront les principes fondamentaux de l’UE et satisferont les intérêts nationaux vitaux de l’Islande.  


Contexte :  

Une identité commune et des valeurs partagées : l’Islande est un pays européen qui partage un héritage commun et des intérêts communs avec l’Europe. L’Islande partage les valeurs centrales de l’UE que sont la démocratie, les droits de l’homme et l’Etat de droit, tels qu’on les retrouve dans les critères de Copenhague.

L’Islande est un fier exemple de l’application du modèle européen, basé sur des institutions démocratiques fortes, une économie de marché libre, la protection de l’environnement et la cohésion sociale. Depuis 1994, l’Islande a contribué au mécanisme financier de l’EEE/AELE qui vise le renforcement de la cohésion de l’UE.

En tant que pays de l’Europe du nord-ouest, et le seul entièrement présent dans l’Arctique, une région d’intérêt grandissant pour l’UE, l’Islande croit que son adhésion servirait l’intégrité géographique de l’UE. L’Islande et l’UE partagent des intérêts communs dans le Grand Nord.

L’Islande attend impatiemment la prochaine marche à suivre vers l’adhésion à l’UE et l’approfondissement de sa contribution à l’objectif commun européen de paix et de sécurité pour ses citoyens.

Reykjavík, le 16 juillet 2009

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