L’Italie veut accélérer l’adhésion de la Turquie à l’UE [FR]

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Hier 12 novembre, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a appelé l’UE à accélérer les négociations d’adhésion avec la Turquie, promettant que les prochaines présidences de l’UE se consacreront davantage à cet objectif que la présidence française, critique à l’égard du pays. 

Etant donné que la Turquie est membre de l’OTAN et qu’elle joue un rôle très important au Moyen-Orient, l’adhésion turque à l’UE serait dans l’intérêt de l’Union, a indiqué M. Berlusconi au sortir d’une réunion à Izmir avec son homologue turque Recep Tayyip Erdogan.

Le dirigeant italien a affirmé sa confiance par rapport à l’ouverture de quatre – plutôt que deux – nouveaux chapitres avec la Turquie au cours des prochaines présidences tchèque et suédoise de l’UE. Il a déclaré que les Tchèques et les Suédois sont les amis de la Turquie et qu’ils comptent accélérer le processus. 

Il a promis que Rome tenterait de rallier à sa cause les pays opposés à l’adhésion de la Turquie, tout particulièrement la France, qui occupe actuellement la présidence de l’UE. Le dirigeant français Nicolas Sarkozy a estimé à plusieurs reprises que la Turquie n’appartient pas à l’Europe et qu’il vaudrait mieux traiter cette question par le biais d’un « partenariat privilégié » plutôt que d’une adhésion complète.

L’annonce de M. Berlusconi intervient une semaine après la publication des rapports annuels d’élargissement de la Commission européenne. Celle-ci, critiquant la stagnation du processus de réforme, a éludé toute prévision par rapport à la date d’adhésion de la Turquie à l’UE (EurActiv 06/11/08). 

Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a appelé à avancer vers une adhésion à l’UE qui serait irréversible, provoquant une réponse tranchée de la part des eurodéputés critiques à l’égard de la Turquie, qui ont souligné que les négociations avec la Turquie étaient à durée non déterminée. 

Le Premier ministre turque Erdogan a salué l’appel de M.Berlusconi à accélérer le processus d’adhésion, indiquant que son gouvernement souhaite mettre un terme à la routine des négociations d’ouverture qui n’examinent pas plus de deux chapitres politiques par année. La période d’engagement ne devrait pas durer trop longtemps, a-t-il indiqué. 

Depuis que l’UE a accordé à la Turquie le statut de candidat officiel en octobre 2005, huit des 35 chapitres de négociations ont été ouverts, alors que huit chapitres complémentaires ont été gelés en raison du rôle obstructionniste joué par la Turquie dans les négociations visant à la réunification de Chypre.  

Avant la fin de l’année, l’UE devrait ouvrir deux nouveaux chapitres : un sur la loi relative à la propriété intellectuelle et l’autre sur les droits des sociétés

 

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