La corruption dans les Balkans occidentaux semble augmenter

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La corruption pèse lourd dans l'esprit des habitants des Balkans occidentaux, et le sentiment général dans la région est qu'elle s'aggrave à la fois dans le secteur public et privé, ont observé des porte-parole lors d'un événement organisé par Gallup House hier (10 mai).

Organisé en coopération avec le Fonds européen pour les Balkans, l'événement était axé sur la gouvernance, la corruption et la responsabilité politique dans la région – insistant sur les données de Gallup sur l'enquête de surveillance des Balkans en 2009.

L'enquête, réalisée en septembre l'an dernier, a révélé que plus de deux tiers des sondés des Balkans considéraient la corruption comme omniprésente et répandue à la fois au sein des gouvernements et dans les entreprises.

La perception de la corruption dans les entreprises a atteint son plus haut niveau en Croatie (92 %), en Serbie (91 %) et en Bosnie-Herzégovine (90 %), les chiffres ayant augmenté dans tous les pays sauf l'Albanie et la Macédoine depuis 2006.

C'est au Kosovo (84 %) et en Bosnie-Herzégovine (81 %) que la perception de la corruption au sein du gouvernement est la plus élevée. On peut noter que le Monténégro a un niveau bien plus bas, de 49 %.

Ce qui est alarmant, c'est que plus d'un quart des sondés en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo ont dit être personnellement touchés par le crime organisé dans leurs vies quotidiennes. Plus de la moitié des Albanais ont dit qu'ils avaient dû utiliser un pot de vin ou un cadeau pour résoudre un problème au cours de l'année passée, alors que seulement 8 % des Croates ont dû le faire.

Robert Manchin, directeur général de Gallup Europe, a souligné que le niveau de confiance que les gens ont dans leur gouvernement et leur système judicaire était crucial pour leur propre perception de leur bien-être.

Dušan Reljić, chercheur au German Institute for International and Security Affairs (SWP), a mis l'accent sur la période "anarchique" des Balkans entre 1991 et 2001, lorsque la violence et l'activité criminelle prévalaient et créaient un "nouveau secteur" – celui de l'économie illégale.

Cette période coïncidait avec l'embargo économique sur l'ex-Yougoslavie imposé par la communauté internationale – perçu par beaucoup comme extrêmement contreproductif, selon la perspective d'aujourd'hui. L'UE a contrôlé et coordonné les efforts pour mettre en place cet embargo.

Une détérioration de la crédibilité de l'UE?

M. Reljić pense que les pays des Balkans occidentaux ont de fortes chances de "purger" leurs sociétés, la conditionnalité de l'utilisation de l'UE étant un facteur important. Toutefois, il a prévenu que certains Etats membres n'étaient pas pressés d'intégrer les pays de cette région, et que la promesse d'une éventuelle adhésion basée sur la conformité aux conditions serait plus crédible.

Si les pays et les élites politiques en particulier dans les Balkans occidentaux voient, remarquent et sentent que la crédibilité de la promesse s'affaiblit, se détériore, alors leur capacité à être prêts va également se détériorer, a-t-il prévenu.

 M. Reljić a également mis l'accent sur le Kosovo en tant que  zone en difficulté en raison de son fort taux de natalité et son manque de programmes pour l'emploi des jeunes, qui représentent une grande partie de la population.

Le moyen les plus direct que l'UE pourrait utiliser pour baisser le niveau de la corruption et du crime au Kosovo serait d'autoriser la migration des travailleurs, a-t-il sous-entendu.

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