Peu d'espoir pour la rencontre entre les dirigeants grec et macédonien

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Les dirigeants grec et macédonien devraient se rencontrer en marge du sommet de l’UE de la semaine prochaine. Il y a toutefois peu de chances qu’ils trouvent un terrain d’entente sur la question de l’identité nationale qui empêche la Macédoine d’entamer ses négociations d’adhésion depuis qu’elle s’est déclarée candidate il y a sept ans.

Le premier ministre grec, Lucas Papademos, a récemment invité son homologue macédonien, Nikola Gruevski, pour une réunion à Bruxelles en marge du sommet des 1er et 2 mars prochains. Ce sera la première fois que les deux dirigeants se rencontreront depuis l'arrivée au pouvoir de M. Papademos le 11 novembre 2011. La Grèce devrait organiser des élections avant l'automne.

« Concernant la question du nom, notre position est que ce problème devrait être résolu via des négociations sous les auspices de l'ONU ; je vous exhorte donc à tenter d'aboutir à cet objectif de manière constructive », a écrit M. Papademos dans une lettre adressée à M. Gruevski.

La Macédoine s'est dit satisfaite que la Grèce accepte d'organiser une réunion bilatérale de haut niveau, laissant entendre que Skopje s'était montrée plus motivée qu'Athènes s'agissant d'organiser ce genre de rencontres. Toutefois, hier après-midi (21 février), la mission de la Macédoine auprès de l'UE ne savait toujours pas si M. Gruevski se rendrait à Bruxelles pour rencontrer son homologue grec.

Les deux pays se sont enlisés dans un conflit sur le nom constitutionnel de la Macédoine depuis qu'elle est devenue indépendante après le démantèlement de la Yougoslavie en 1991. La Grèce, qui a déjà imposé un embargo à son voisin, affirme que le nom de ce dernier implique des ambitions territoriales sur sa province du même nom située au nord du.pays.

Décision de la CIJ et adhésion à l'OTAN

La Cour internationale de justice à La Haye a décidé en décembre dernier qu'en bloquant l'adhésion de la Macédoine à l'OTAN en avril 2008, la Grèce avait enfreint un accord bilatéral signé en 1995. Dans le cadre de cet accord, la Grèce affirmait qu'elle n'empêcherait pas son voisin d'adhérer à des organisations internationales tant que le nom utilisé pour le pays était « ancienne République yougoslave de Macédoine » (ARYM).

Dans le même temps, le président macédonien, Gjorge Ivanov, a écrit aux chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'OTAN pour leur demander de « réparer l'injustice » du sommet de 2008. En amont du prochain sommet de l'OTAN du mois de mai à Chicago, M. Ivanov a demandé aux 28 dirigeants de prendre en compte la décision de la CIJ et d'accepter son pays comme membre de l'OTAN.

Suite à la décision de la Cour internationale de justice, la Macédoine peut donc s'attendre à être acceptée au sein de l'OTAN sous le nom d'ancienne République yougoslave de Macédoine.

Le président grec, Karolos Papoulias, a rencontré le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, le 16 février dernier et aurait fait passer le message que son pays souhaitait aboutir à une « solution acceptable pour les deux parties ». M. Papoulias se serait également plaint que Skopje continue de tenter de s'approprier des pans de l'histoire grecque et aurait demandé à M. Rasmussen de l'aider à résoudre ce problème.

Le premier ministre évite le commissaire

MM. Papademos et Gruevski tenteront de faire bonne figure et se rencontreront, mais il est peu probable qu'ils progressent vers la résolution de leur litige, a confié une source diplomatique à EurActiv.

Un autre diplomate a quant à lui décidé de voir le verre à moitié plein : même si cette réunion se révèle une simple occasion de prendre des photos ensemble, ce sera déjà positif, a-t-il affirmé.

Ce pessimisme fait suite à la dernière visite en date d'un négociateur de l'ONU, Matthew Nimetz, qui a rencontré M. Gruevski lundi à Skopje pour parler de ce problème.

Selon des sources de la Commission européenne, cette réunion a été décevante. M. Nimetz devrait se rendre à Athènes aujourd'hui.

Une source à l'exécutif européen a affirmé que M. Gruevski n'avait déposé aucune requête pour rencontrer un représentant de la Commission européenne à Bruxelles. Ce fonctionnaire a ajouté que M. Gruevski évitait de se rendre à la Commission et de rencontrer le commissaire à l'élargissement, Štefan Füle, qui s'est montré très critique envers les récentes actions nationalistes menées à Skopje et considérées à Athènes comme des « provocations ». 

Prochaines étapes: 

 

  • 1-2 mars : sommet de l'UE à Bruxelles et réunion prévue entre les premiers ministres grec et macédonien.
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