Des observateurs satisfaits des avancées démocratiques en Arménie

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Des experts ont observé des améliorations significatives sur le plan démocratique lors des récentes élections législatives en Arménie. Selon eux, le pays pourrait recevoir plus de soutien de la part de l'UE via la politique européenne de voisinage.

François-Xavier de Donnea, le chef de la mission d'observation de l'OSCE pour les élections, a salué les progrès réalisés depuis les présidentielles de 2008 qui avaient été suivies d'émeutes entraînant la mort de 10 personnes et des actes de répression de la part du gouvernement contre l'opposition et les médias. « Mon sentiment, c'est que la situation s'est considérablement améliorée en Arménie par rapport aux élections de 2008 », a déclaré M. de Donnea lors d'une réunion au European Policy Centre le 16 mai à Bruxelles. « Des améliorations sont à constater moins au niveau des lois que du comportement des partis politiques et des candidats. »

Ces progrès vont renforcer les relations entre l'UE et l'Arménie, a-t-il affirmé.

M. de Donnea a assuré dans une déclaration publiée après les élections du 6 mai que les efforts de l'Arménie devraient être reconnus, dans la mesure où elle avait mené des réformes électorales et mis en place un environnement de campagne ouvert et pacifique. Il a toutefois ajouté que certains candidats et partis politiques n'avaient pas respecté la loi.

L'OSCE a évoqué d'éventuels monnayages des voix et des pressions sur les fonctionnaires pour soutenir le parti au pouvoir, des accusations qui avaient également entaché les dernières élections législatives.

Le Parti républicain du président, Serzh Sargsyan, a remporté le scrutin avec 44 % des voix, ou 69 sièges, obtenant ainsi une majorité au parlement qui en compte 131. Le parti Arménie prospère, dirigé par l'homme d'affaires Gagik Tsarukyan, a quant à lui remporté 30 % des votes, soit 37 sièges.

Trois petits partis ont dépassé le seuil des 5 %, comme le Congrès national arménien dans l'opposition qui a récolté 7 % des suffrages. Ces résultats mettent M. Sargsyan en bonne place pour remporter les élections présidentielles de l'an prochain.

Réactions mitigées

Les améliorations constatées doivent être mises en perspective avec les accusations de l'opposition qui affirme que des milliers de bulletins de vote ont été achetés. Des séquences compromettantes ont été postées sur YouTube. « La corruption a été bien plus présente qu'avant », aurait déclaré un diplomate occidental.

D'autres se sont montrés plus prudents face à ces accusations. « Le message de Catherine Ashton s'est révélé plutôt positif. Les élections n'affecteront pas les plans de l'UE de manière négative. Nous verrons si elles les influenceront de manière positive », a déclaré Paruyr Hovhannisyan, conseiller senior des European Friends of Armenia.

Hrant Kostanyan, chercheur invité au Centre for European Policy Studies, entrevoit un soutien renforcé de l'UE pour l'Arménie.

« Etant donné le principe « en faire plus pour avoir plus » de la politique de voisinage renouvelée de l'Union, on pourrait s'attendre à un plus grand soutien de l'UE à l'Arménie », a-t-il expliqué. Il s'agit de « progresser vers des élections plus transparentes et disputées », comme l'ont expliqué dans leur déclaration Mme Ashton et le commissaire à l'élargissement, Štefan Füle, a fait remarquer M. Kostanyan.

Il a toutefois ajouté que certaines réserves pourraient être exprimées en amont des élections présidentielles de l'année prochaine lors desquelles les lacunes constatées dans les élections législatives devraient être palliées.

« C'est là que l'UE décidera du soutien qu'elle apportera aux réformes en cours en Arménie. Les relations entre l'UE et l'Arménie seront également révisées à moyen terme », a-t-il assuré.

La politique européenne de voisinage (PEV) vise à renforcer les relations de l'Union avec les pays du sud et de l'est en leur faisant miroiter une adhésion. L'Arménie fait partie des 16 pays qui se sont vu offrir un partenariat dans le cadre de la PEV.

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