Le gouvernement roumain démissionne suite aux manifestations

  

 

Le gouvernement roumain dirigé par le premier ministre, Emil Boc, a démissionné aujourd’hui (6 février) suite à plus de 20 jours de manifestations contre les mesures d’austérité et le ralentissement économique de la Roumanie, un pays qui a récemment rejoint l’UE.

Emil Boc a déclaré qu'il avait pris cette décision pour « apaiser les tensions sociales » et pour protéger la stabilité économique du pays, selon la presse roumaine. M. Boc, le leader du Parti libéral-démocrate (PDL) du président Traian Basescu, occupait le poste de premier ministre depuis 2008.

« Nous avons pris des décisions difficiles en pensant à l'avenir de la Roumanie [...] J'espère que la classe politique fera preuve de maturité et approuvera rapidement un nouveau gouvernement au parlement », a-t-il déclaré. Selon les sondages, le PDL n'a le soutien que de 18 % de la population, mais il a la majorité au parlement.

L'opposition a quant à elle fait savoir qu'il n'était pas envisageable que le parlement donne son aval à un nouveau gouvernement.

Crin Antonescu, le leader du Parti national libéral (PNL) dans l'opposition, a réclamé des élections anticipées, ainsi que la démission du président Basescu.

« La démission de M. Boc signifie que l'Union sociale-libérale (USL) de l'opposition a eu raison d'initier plusieurs motions de censure [...] Il reste deux étapes : la démission du président Basescu et les élections anticipées », a déclaré M. Antonescu. Le mandat de président de M. Basescu expirera en 2014.

L'Union sociale libérale (USL) est une alliance entre les trois partis de l'opposition : le Parti social démocrate de Victor Ponta et l'alliance de centre-droit du Parti national libéral de Crin Antonescu et du Parti conservateur de Daniel Constantin.

Selon les sondages, l'USL est soutenue par plus de 50 % de la population roumaine. Les dirigeants de l'USL ont décidé que si des élections anticipées étaient organisées, le prochain premier ministre serait Victor Ponta. Crin Antonescu serait quant à lui le candidat de la coalition.

Récemment, les trois dirigeants de l'USL se sont exprimés au Parlement européen lors d'une audience organisée par les groupes des Socialistes et Démocrates et de l'ADLE. A cette occasion, ils ont affirmé que la démocratie en Roumanie avait été « suspendue » sous le joug du PDL.

Le leader social-démocrate, Victor Ponta, a souligné que le réel problème du pays était le président Basescu.

« Il ne faut pas oublier que le gouvernement Boc n'a pas pris beaucoup de décisions. Les décisions ont été prises par le président Basescu », a-t-il déclaré.

Dans le même temps, M. Basescu a nommé le ministre de la justice, Cătălin Predoiu, comme premier ministre intérimaire jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement. M. Predoiu n'est affilié à aucun parti.

Il a récemment expliqué à la presse bruxelloise que son pays avait fait des efforts sans précédent pour réformer son système d'application des lois, laissant entendre que Bucarest souhaitait que le mécanisme de surveillance de l'UE en place depuis cinq ans soit supprimé d'ici l'été. Le prochain rapport d'étape sur la Roumanie dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification (MCV) devrait bientôt être publié par la Commission.

Lundi soir, le président Basescu a nommé Mihai Răzvan Ungureanu, le dirigeant des services de renseignements étrangers, au poste de premier ministre en charge de la formation d'un gouvernement. M. Ungureanu occupait le poste de ministre des affaires étrangères au sein du parti libéral PNL. Toutefois, dans le cadre de ses récentes attributions, il est considéré comme politiquement indépendant.

Le leader PSD, Victor Ponta, a fustigé cette nomination, affirmant qu'il ne s'agissait que d'une nouvelle tentative du PDL de M. Basescu pour rester au pouvoir. Il a ajouté que la coalition de l'opposition voterait contre le nouveau gouvernement et que le pays se dirigeait vers des élections anticipées.

Le dirigeant du PNL, Crin Antonescu, a affirmé que le gouvernement de M. Ungureanu serait un « théâtre de marionnettes » et il a promis de voter contre. Il a ajouté que M. Ungureanu n'avait plus aucun lien avec le PNL depuis plusieurs années.

Le vote sur le nouveau gouvernement, qui devra d'abord être formé, est attendu au parlement pour le 9 février prochain.

Rubriques: 
Personnes: 
Lieux: 
Thèmes: 
Publicité