Les élections dans la Sarre affaiblissent la coalition d'Angela Merkel

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Les Allemands ont voté dans le Länder de la Sarre hier (25 mars). Il s'agit du premier d'une série de trois scrutins qui pourraient bien éjecter les partenaires minoritaires de la coalition d'Angela Merkel des parlements régionaux, ce qui d'affaiblirait son gouvernement de centre-droit en amont des élections fédérales de l'an prochain.

La chancelière chrétienne-démocrate (CDU) briguera un troisième mandat en 2013, mais elle sera sans doute obligée de trouver un autre partenaire que le Parti libéral-démocrate (FDP) qui plafonne à 4 % dans les sondages, après avoir culminé à 14,6 % lors des dernières législatives en 2009.

Selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote, le CDU remportait 35 % des voix et son principal rival, les sociaux-démocrates (SPD), 31 %. La Sarre, l'un des Länder les plus petits d'Allemagne avec tout juste 1 million d'habitants, se situe à la frontière française.

Le résultat le plus probable est un gouvernement de « grande coalition » avec les deux grands partis du centre, ce qui pourrait augurer du résultat des élections fédérales de l'an prochain.

Les dirigeants locaux du SPD et de la CDU s'étaient tous deux montrés confiants en amont du vote, affirmant qu'ils remporteraient le scrutin et dirigeraient les négociations de coalition, bien que les deux partis aient affirmé vouloir travailler ensemble.

Les électeurs, quant à eux, espéraient un gouvernement plus stable après la chute de l'alliance fragile de la CDU, des Verts et du FDP en raison de conflits internes chez les libéraux.

La Sarre a vu son industrie lourde et minière remplacée par des usines automobiles et l'industrie légère.

Ce Land est également celui du leader de gauche et ancien ministre des finances Oskar Lafontaine, dont le parti Die Linke aurait remporté 15 % des voix. Le FDP aurait quant à lui récolté à peine 2 % des votes, bien en dessous du seuil de 5 % nécessaire pour remporter des sièges à l'assemblée.

La campagne dans la Sarre, un Land officiellement rattaché à l'Allemagne de l'Est depuis 1957 suite à des négociations sur son adhésion à la France, s'est concentrée sur des questions locales, comme la révision de l'infrastructure du Land et les dépenses trop importantes pour une galerie à Sarrebruck, la capitale de la région.

Ce scrutin pourrait en outre donner le ton pour deux votes cruciaux en mai prochain : dans le Schleswig-Holstein le 6 mai et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW), le Land le plus peuplé d'Allemagne, le 13 mai.

Ces trois scrutins se tiendront en amont des élections fédérales de l'an prochain, ce qui devrait donner une idée sur les chances de réélection de Mme Merkel et sur le type de coalition qui sera formée en 2013.

Avec 18 millions d'habitants, la RNW est plus peuplée que de nombreux pays européens et les élections dans cette région ont eu un effet déstabilisant sur la politique nationale ces dernières années. L'éviction du dirigeant CDU de la RNW en 2010 a fait perdre à Mme Merkel sa majorité à la chambre haute du parlement, lui rendant la tâche difficile lorsqu'elle devait faire adopter des lois.

Cinq ans plus tôt, un score humiliant pour le SPD en RNW, alors que ses grandes villes et son industrie lourde en avaient fait un bastion du centre-gauche pendant des décennies, avait poussé le chancelier Gerhard Schröder à organiser des élections nationales anticipées qui ont propulsé Mme Merkel au pouvoir.

Un récent sondage d'opinion national publié par Emnid dimanche a montré que la CDU restait le parti le plus populaire avec 35 % des intentions de vote, que le SPD gagnait un point à 28 %, suivi des Verts à 15 %. Die Linke et le Parti pirate obtiendraient quant à eux 7 % chacun et le FDP seulement 4 %.

Nombreux sont ceux qui pensent aujourd'hui qu'en Allemagne, peu d'éléments différencient la politique des deux grands partis.

Le jeune dirigeant du FDP, Philipp Rösler, a déclaré au journal Hamburger Abendblatt que la CDU était un « parti social-démocrate » qui formait un « méli-mélo » avec le SPD, des propos qui n'ont pas dû faire plaisir à la chancelière.

Les relations entre les partenaires de coalition sont tendues depuis que le FDP a soutenu le choix du centre-gauche pour le nouveau président, Joachim Gauck.

Si le FDP est évincé des assemblées locales dans la Sarre, le Schleswig-Holstein et la RNW, certains membres du parti pensent que M. Rösler, également ministre de l'économie, serait obligé de démissionner de son poste de chef de parti.  Le FDP n'est pas parvenu à obtenir de sièges dans cinq Länder l'an dernier.

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