Silvio Berlusconi se retire de la course au poste de premier ministre italien

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Silvio Berlusconi a retiré sa candidature au poste de premier ministre de l’Italie lundi (7 janvier) puisqu’il s’agit du prix à payer pour conclure un accord avec la Ligue du Nord. Cet événement constitue le dernier rebondissement de la campagne électorale de la troisième économie de la zone euro.

 

Silvio Berlusconi a tout mis en oeuvre ces dernières semaines pour conclure un accord avec ses anciens alliés afin de renforcer la coalition de centre-droit, une stratégie pour contrecarrer le gouvernement de centre-gauche qui devrait remporter les élections des 24 et 25 février.

 

La Ligue du Nord avait auparavant refusé un accord, car ses membres s'étaient opposés à la candidature de Silvio Berlusconi, entaché de scandales, au poste de premier ministre.

 

Le magnat des médias a été contraint de démissionner il y a un an, au plus fort de la crise économique en Italie, en raison de son inculpation pour relations sexuelles avec une prostituée mineure.

 

Le chef de la Ligue du Nord, Roberto Maroni, a confirmé l'accord de coalition lors d'une conférence de presse en déclarant que cet accord « dit explicitement que le candidat au poste de premier ministre ne sera pas Silvio Berlusconi ».

 

« Silvio Berlusconi a accepté de ne pas se présenter au poste de premier ministre », a-t-il poursuivi.

 

Silvio Berlusconi restera dirigeant du parti

 

Lors d'un entretien à la radio privée italienne RTL, M. Berlusconi n'a pas précisé qui serait candidat au poste de premier ministre en cas de gouvernement de centre-droit. Il a indiqué qu'il préférerait devenir ministre de l'économie et qu'Angelino Alfano, le secrétaire du parti du Peuple de la liberté (PDL) serait le candidat le plus probable pour assumer les fonctions de premier ministre.

 

« Il Cavaliere » désirait nouer une alliance avec la Ligue du Nord afin d'augmenter ses chances de remporter suffisamment de sièges à la Chambre haute, le Sénat, afin de compliquer la tâche du prochain gouvernement lors d'adoption de lois.

 

Il a ajouté qu'il resterait le chef de file du PDL et de la coalition. « En cas de victoire, ce sera au chef de la coalition de désigner le candidat au poste de premier ministre », a-t-il indiqué, alors qu'il avait insisté auparavant pour être le candidat.

 

M. Maroni a déclaré qu'il appréciait M. Alfano, mais que le candidat de la Ligue du Nord au poste de premier ministre serait Giulio Tremonti, l’ancien ministre de l'économie du dernier gouvernement Berlusconi.

 

Le centre-gauche, dirigé par Pier Luigi Bersani, arrive largement en tête des sondages depuis des mois. La dernière enquête publiée dimanche laisse penser que son parti engrangerait entre 38 et 39 % des voix.

 

Ce sondage crédite une alliance PDL-Ligue du Nord de près 28 % des suffrages et la coalition centriste dirigée par le premier ministre sortant, Mario Monti, de 14 à 15 %.

 

>> Lire : Progression de Silvio Berlusconi en marge des élections de février

 

M. Bersani a déclaré que l'alliance entre M. Berlusconi et la Ligue du Nord était largement attendue, mais également « inquiétante » compte tenu des dégâts qu'elle a commis cette dernière décennie dans la Péninsule.

 

Dans le contexte de la loi électorale italienne très critiquée, M. Bersani devrait remporter une majorité confortable à la Chambre basse.

Prochaines étapes: 
  • 24-25 févr. : élections législatives italiennes

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