Selon le président de la commission de l'environnement du Parlement européen, les accords internationaux dans des domaines tels que le ciment ou l'acier pourraient apporter une solution si le processus de négociation des Nations Unies n’aboutit pas à un traité contraignant sur le climat.
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Commission européenne
L’action de l’UE pour lutter contre le changement climatique
Prenant la parole le 3 mars à Bruxelles, le président S&D de la commission Environnement au Parlement européen, Jo Leinen a admis que l'Europe pourrait avoir besoin d'un Plan B en ce qui concerne les discussions internationales sur le changement climatique, compte-tenu des difficultés à atteindre un accord dans le cadre du processus des Nations Unies, qui requiert l'unanimité de tous les Etats.
L'accord de Copenhague adopté en décembre, bien qu’il ait été présenté comme un pas en avant par les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, reste pour l'Europe une véritable déception, en raison de la division des positions entre Etats membres, comme l’a fait remarquer Jo Leinen.
Le président de la commission Environnement a néanmoins souligné l'existence d'une approche alternative consistant pour certains ensembles de pays actifs dans un domaine donné ayant des répercussions sur le réchauffement global, à conclure des accords sectoriels prévoyant des mesures de réduction de carbone.
« Pourquoi ne pas avoir un accord entre les pays constructeurs de véhicules sur les voitures à zéro émissions? » a-t-il proposé. « Ou bien nous pourrions avoir un accord convenant de l'arrêt de la dégradation des forêts d'ici 2020 », a-t-il ajouté.
« Un autre exemple pourrait être la recherche d’un accord sur la production électrique décarbonisée », a affirmé l'eurodéputé. Il a cependant admis que cela serait plus difficile au regard du nombre important de pays impliqués.
Assurant que l'UE favorisait toujours un accord dans le cadre onusien, seul capable de déboucher sur une convention contraignante, Jo Leinen a toutefois ajouté que si le processus de l'ONU ne fonctionnait pas, les accords plurilatéraux constitueraient une autre option.
Dans le langage utilisé par l’OMC, les accords plurilatéraux signifient que les Etats membres peuvent convenir de nouvelles règles sur une base volontaire sans que cela n'implique une adhésion pleine et entière.
Selon Jo Leinen, le texte adopté à Copenhague rentrerait déjà, d’une certaine manière, dans ce type d’accord. « Mais il serait plus intelligent d'adopter une approche sectorielle qui leur permettrait de parvenir à des résultats plus rapidement puisqu'ils pourraient être élaborés par un nombre plus restreint de pays », a-t-il nuancé.
Les eurodéputés ne sont pas prêts à renoncer à un accord climatique mondial. Connie Hedegaard, la nouvelle commissaire à l'Action climatique, a fait l’objet de vives critiques de la part de l’eurodéputé, sceptique vis-à-vis de certaines déclarations publiques, jugées trop pessimistes. La commissaire avait en effet annoncé que la conférence climatique de Cancun, qui doit se tenir à la fin de l'année, ne déboucherait pas sur un accord contraignant.
La position européenne est passée en peu de temps d’un extrême à l'autre, déplore l’eurodéputé, pour qui les attentes lors des négociations de Copenhague étaient bien trop ambitieuses.
L'UE devra maintenant mettre en œuvre les engagements pris à Copenhague en direction des pays les moins développés et des petits Etats insulaires, à savoir un financement de 30 milliards de dollars que l’UE devra verser au titre de l’aide à l'adaptation climatique entre 2010 à 2013.
Par ailleurs, la commission Développement du Parlement a réclamé la mise en place des taxes sur les transactions financières internationales pour générer des ressources dévouées au financement climatique.





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