La décision revient à attribuer 910 millions d’euros à 12 projets d’interconnexion électrique, et 1,4 milliard d’euros à 31 projets de gazoducs.

Cette décision intervient quelques mois après l’annonce, en décembre 2009, de l’attribution d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros à des projets d’éoliennes offshore et dans le domaine de la capture et du stockage de CO2 (CSC).  

Le commissaire à l’Energie Günther Oettinger a décrit la dotation européenne comme «une pierre dans l’histoire de la politique énergétique européenne».

«Jamais auparavant, la Commission n'avait débloqué une telle somme en faveur de projets dans le domaine de l'énergie. Nous avons sélectionné des projets-clés qui permettront de créer, en Europe, un réseau plus intégré assurant la fluidité des flux d'énergie entre les États membres», a-t-il dit.

Parmi les projets figurent des interconnexions essentielles, reliant les pays baltes, actuellement isolés, à la Finlande, la Suède et la Pologne. D’autres permettent d’apporter des réponses aux situations de crise énergétique.

La somme totale est plus basse que les 2,36 milliards qui devaient initialement être alloués aux infrastructures électriques et gazières dans le paquet pour la relance économique. 

Un fonctionnaire de la Commission a expliqué que cette baisse était due au fait qu’aucune proposition pour l’interconnexion Pologne-Slovaquie n’avait été faite. Par ailleurs, il a ajouté que certains projets n’avaient pas demandé le montant intégral qui leur était alloué.

La même source a également affirmé que la Commission européenne examinait actuellement «toutes les options» sur la table pour dépenser l’argent qui n’avait pas été alloué. L'éxecutif devrait détailler son choix en avril. Bruxelles a la possibilité d’atrribuer ces fonds à des projets dans le domaine de l’énergie renouvelable ou de l’efficacité énergétique, conformément aux demandes du Parlement européen.

Le financement de Nabucco en question

Le Commissaire à l’Energie a été interrogé sur la décision de la Commission d’allouer 200 millions d’euros à la construction du gazoduc Nabucco, qui doit transporter du gaz de la région de la mer caspienne jusqu’aux marchés européens.

Les détracteurs de ce projet considèrent que le gazoduc, qui doit sécuriser les approvisonnements en gaz, n’est pas assez abouti pour être financé par le plan de relance. Celui-ci exige en effet que les fonds communautaires soient attribués d’ici à la fin de l’année à des projets qui contribuent à la relance économique.

Günther Oettinger a balayé ces critiques en soulignant l’importance de Nabucco pour diversifier les sources de gaz et mettre fin à la dépendance énergétique de certans pays vis-à-vis de la Russie. 

«Nabucco n’est pas juste un nouveau gazoduc potentiel. C’est un projet européen», a affirmé le commissaire, ajoutant que les discussions à propos du financement du gazoduc rendaient ce projet plus crédible qu’auparavant.

Un fonctionnaire de la Commission a indiqué que la décision finale était attendue à l’automne, quand l’exécutif européen pourra évaluer s'il doit prolonger légèrement le délai ou peut achever le financement de Nabuco.

«Le financement de la Commission est très bienvenu», a affirmé Jeremy Ellis, le responsable du développement du groupe allemand RWE, société membre du consortium de réalisation de Nabucco. Mais il a souligné que la gazoduc avait une base saine constituée par des investisseurs, même si les fonds européens ne pouvaient pas gêner le calendrier de Nabucco.

«Le calendrier de Nabucco est actuellement dans les mains des fournisseurs, et pas dans les nôtres», a-t-il ajouté. Il a également affirmé que le consortium devrait disposer de l’approvisionnement en gaz dans les prochains mois, et que la décision finale d’investissement pourrait être prise vers la fin de l’année.

 POSITIONS:

L’association européenne de l’énergie éolienne (Ewea) a affirmé que les projets constituaient un bon début pour développer l’interconnexion de ses réseaux d’électricité, notamment entre la France et l’Espagne. 

Malgré l’importance de cette connexion, qui permettra à l’Espagne d’échanger plus d’électricité avec d’autres pays européens et d’assurer l’interconnexion entre l’Europe continentale et la péninsule ibérique, le projet a souffert de nombreux obstacles depuis sa conception dans les années 80», a déclaré le responsable des affaires réglementaires de l’Ewea. «Ces fonds sont un grand coup de pousse pour l’intégration de l’énergie éolienne en Europe. Ils amélioreront les marchés de l’électricité en Europe et profiteront aux consommateurs», a-t-il ajouté.

AGENDA:

  • Avril: Rapport de la Commission pour détailler la manière dont seront utilisés les fonds non dépensés.

  • D’ici à la fin 2010: Tous les fonds européens doivent être versés.