Tirant les leçons de l'accord de Copenhague, désormais soutenu par 90 pays y compris la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, les ministres des Finances de l'UE semblent désormais vouloir éviter un retard supplémentaire dans l'attribution de l'aide climatique aux pays en développement.

L'UE s'est engagée à contribuer à hauteur de 2,4 milliards d'euros par an pour la période allant de 2010 à 2012, à travers un «financement à mise en œuvre rapide» (ou fast track) pour aider les nations en développement à s'adapter aux conséquences inévitables du changement climatique. D'autres pays développés, y compris les Etats-Unis et le Japon, ont promis des sommes d'argent équivalentes pour un total de 30 milliards de dollars.

« Les impacts de l'accord de Copenhague sur les positions de l'UE relatives au financement climatique devront être étudiées plus en profondeur », peut-on lire dans le projet de conclusions de la prochaine rencontre des ministres de l'UE responsables des finances.

Toutefois, l'UE ne veut pas accumuler de retard supplémentaire, et poussera ainsi les autres parties à donner rapidement les détails de leurs contributions à une mise en œuvre rapide de l’accord.

Rapports coordonnés

Les Etats membres se tiennent prêts à présenter un premier état des lieux de cette aide lors de la prochaine session de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, qui devrait avoir lieu à Bonn début juin, selon le projet de conclusions.

Les ministres de l'UE ont l'intention de soumettre des rapports coordonnés sur le déploiement des financements climatiques lors de la conférence climatique de Cancun à la fin de l'année, et encourageront les autres pays développés à en faire autant.

Plus tôt dans la semaine, la Commission européenne a présenté une nouvelle stratégie à part entière destinée à faire avancer les négociations en vue d’un accord mondial juridiquement contraignant destiné à succéder au protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

La commissaire européenne en charge du Climat, Connie Hedegaard, devrait se rendre aux Etats-Unis et au Mexique la semaine du 15 mars, et organisera les discussions en mars à Bruxelles avec les représentants chinois. En avril, la commissaire se rendra également en Inde, au Japon et en Chine.

Propositions pratiques

La stratégie de la Commission précise qu'une partie de l’assistance européenne en direction des Etats-Unis, du Japon et de l'Australie devrait œuvrer au développement d’un marché du carbone étendu aux pays de l'OCDE d'ici 2015, reliant tous les systèmes internes de plafonnement et d'échange des droits d'émission.

Les ministres des Finances s'apprêtent à lancer un nouvel appel en faveur du développement de propositions pratiques destinées à planifier un financement à long terme pour les stratégies d'atténuation et d'adaptation dans les pays en développement (lire le contexte).

Selon la proposition, « l'éventualité de sources de financement innovantes et d'instruments basés sur le marché en particulier, y compris les marchés du carbone, de même que le poids du financement privé à travers le financement public devrait être prise en compte ». L'UE se dit prête à soutenir le travail du nouveau Groupe consultatif de haut niveau sur le financement de la lutte contre le changement climatique, établi depuis peu.

La mise en place du fond vert climatique de Copenhague devrait permettre d’organiser un déploiement financièrement efficace et susciter des flots financiers croissants vis-à-vis des nations pauvres.

Ces derniers mois, l'UE n'a pas hésité à insister sur le fait que cette aide climatique « ne tomberait pas du ciel ».

Karl Falkenberg, directeur général pour l'environnement à la Commission européenne, a déclaré le mois dernier que le fonds serait disponible seulement dans le contexte d'un système international qui conduirait à la réduction des émissions de CO2.

CALENDRIER

  • 31 mai – 11 juin: Session de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques à Bonn.