Énergie & Environnement

Différer l’action augmente les coûts du changement climatique

L’objectif de réduire la hausse des émissions de gaz à effet de serre, à partir de 2020, sera beaucoup plus coûteux que des mesures immédiates afin de lutter contre le changement climatique, selon un nouveau rapport.

04/01/2013
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Des mesures rapides en vue de réduire les émissions augmenteraient les probabilités de maintenir le réchauffement de la planète dans la limite de deux degrés Celsius au-dessus du niveau préindustriel. Cette limite, fixée à l’ONU en 2010, permettrait d’éviter davantage d’inondations, de vagues de chaleur, de sécheresses et de hausses des niveaux de la mer.

« Si vous prenez des mesures 10 à 20 ans plus tard, vous réduisez de manière significative vos chances d’atteindre l’objectif de deux degrés », a affirmé Keywan Riahi, chercheur à l’International Institute for Applied Systems Analysis en Autriche, l’un des auteurs du rapport réalisé par des experts allemands, autrichiens, néozélandais et suisses.

« Il est généralement reconnu que les coûts augmentent quand des mesures sont reportées. Il n’était pas évident de savoir à quelle vitesse ils changent », a-t-il expliqué à Reuters, mercredi 2 janvier, à propos des résultats fondés sur 500 scénarios générés par ordinateur et publiés par la revue scientifique Nature Climate Change.

L’importance du calendrier

D’après cette revue, le calendrier des réductions de gaz à effet de serre importait plus que d’autres paramètres incertains, comme le fonctionnement du système climatique, la demande énergétique à venir, les prix du carbone ou les nouvelles technologies énergétiques.

L’étude a indiqué qu’une hausse immédiate du prix à 15 euros la tonne de dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz à effet de serre, limiterait probablement à 60 % le réchauffement en dessous de deux degrés.

Si l’on attend 2020, le prix du carbone devrait passer à 75 euros la tonne pour conserver 60 % de probabilité, a expliqué M. Riahi à Reuters à propos de l’étude

Si aucune mesure n’est prise avant 2030, la limite de deux degrés, déjà inaccessible selon certains scientifiques pessimistes, sera complètement hors de portée, et ce, indépendamment du prix du carbone.

« Les possibilités d’actions efficaces sur le changement climatique se referment rapidement », a écrit Steve Hatfield Dodds de l’Organisation de la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth en Australie dans un commentaire dans la revue Nature.

Les températures ont déjà augmenté de 0,8 °C depuis le début de l’utilisation répandue des carburants fossiles il y a 200 ans.

Ce rapport montre également que des politiques plus écologiques, comme des transports en commun plus efficaces ou des bâtiments mieux isolés, augmenteraient les probabilités d’atteindre l’objectif de deux degrés.

La lutte contre le changement climatique serait plus aisée à l’aide de certaines nouvelles technologies, comme le captage et l’enfouissement des émissions de carbone provenant de centrales électriques et d’entreprises. D’après certains scénarios, l’objectif de deux degrés ne pourra être atteint sans l’adoption de mesure de captage de carbone.

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