Énergie & Environnement

Le climat, nouveau prétexte à l’euroscepticisme au Royaume-Uni

Le Parti de l’Indépendance de Nigel Farage (Ukip) a lancé une pétition afin que l’UE suspende les objectifs de 20 % de réduction d’émissions de carbone et de développement des sources d’énergie renouvelables.

Un nouveau front commun se fait jour au Royaume-Uni, dans le débat politique sur l’Europe.

Les eurosceptiques britanniques s’emparent de la politique européenne sur le climat et l’énergie, d’habitude peu contestée, pour appuyer leur argumentaire visant à faire sortir le Royaume-Uni de l’UE.

Le 21 janvier, le Parti de l’Indépendance de Nigel Farage a lancé une pétition afin que l’UE suspende les objectifs de 20 % de réduction d’émissions de carbone et de développement des sources d’énergie renouvelables.

Au sein du camp conservateur, l’idée s’impose aujourd’hui que les mesures pour le climat sont coûteuses, et qu’il faudrait au contraire baisser les prix de l’énergie, notamment en exploitant davantage les énergies fossiles.

Selon Tom Spencer, un ancien député conservateur et pro-européen, la stratégie est délibérée. « Les militants, les négateurs, les industries pétrolières et chimiques ont tous essayé de faire le lien entre l’euroscepticisme et le climatoscepticisme, arguant que l’intégration européenne et le changement climatique relèvent toutes deux de l’illusion », explique-t-il.

C’est un vrai retournement de valeurs qui risque de s’opérer dans le débat britannique. Jusqu’à présent, la politique européenne sur le climat et l’énergie était au contraire appuyée par le Royaume-Uni.

Il inquiète non seulement les défenseurs de l’environnement, mais donne du fil à retordre aux libéraux démocrates, pro-européens, ainsi qu’à David Cameron, qui voulait que son gouvernement soit « le plus vert de tous ».

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