Un responsable de la Commission confie à EurActiv.com que les énergies renouvelables ne suffiront pas, à elles seules, à atteindre les objectifs ambitieux de réduction de CO2 pour 2020, fixés par les dirigeants européens. Pour y parvenir, l’Europe devra utiliser l'énergie nucléaire et les combustibles fossiles «propres » afin de compenser ses pertes. Un point de vue défendu activement par le président français.
Documents officiels
Commission européenne
discours d'Andris Piebalgs "Trouver un équilibre entre les besoins énergétiques et environnementaux"Commission européenne
Discours de Neelie Kroes "Bâtir une Europe de l'énergie compétitive"Commission européenne
Europe de l'énergieCommission européenne
troisième paquet énergie (19 septembre 2007)Commission européenne
Le paquet énergieAutre
Conclusions du Conseil européen de Bruxelles des 8 et 9 mars 2007
Revue de presse
Développements récents et prochaines étapes:
- 20 nov. 2007 : la Commission doit présenter son plan stratégique pour les technologies énergétiques (plan SET), notamment les dispositions relatives au financement
- 5 déc. 2007 : la Commission devrait présenter une proposition de législation sur les énergies renouvelables comme faisant partie d’un paquet contenant une communication sur la capture et le stockage du carbone (CSC)
- Mars 2008 : Conseil européen – possible approbation du plan SET par les Etats membres
Contexte:
A elle seule, aucune source d’énergie ou technologie ne peut relever le défi de la réduction des émissions de CO2 sans nuire à la compétitivité économique et à la sécurité des approvisionnements. Telle est la principale conclusion de l’Analyse stratégique de la situation énergétique, publiée en janvier 2007 par la Commission.
Le rapport affirme qu’un « ensemble diversifié de technologies énergétiques non polluantes, efficaces et à faibles émissions » est nécessaire pour relever le défi.
Alors que les énergies renouvelables ont été identifiées comme un élément central de cet ensemble, la plupart demeurent plus coûteuses et plus rares sur les marchés économiques que les sources traditionnelles d’énergie.
Par conséquent, l’exécutif européen a préféré « laisser toutes les options ouvertes », tout en affirmant affirmant une préférence pour les combustibles fossiles « propres » et le recours continu à l’énergie nucléaire, qui figurent en bonne place dans le projet du futur bouquet énergétique européen.
- La France ambassadeur du nucléaire
La France défend de son côté activement le recours à l’énergie nucléaire.
S’il a échoué a faire accepter à ses partenaires européens de qualifier l’énergie nucléaire d’énergie non carbonée lors du Sommet européen de printemps, Jacques Chirac a réussi à faire a faire en sorte que des “objectifs globaux nationaux différenciés” découlent du chiffre global de 20%, “en prenant en compte les points de départ nationaux et les potentiels de chacun, incluant la part des énergies renouvelables dans les différents bouquets énergétiques” précisent les conclusions du Sommet. (Lire EurActiv 05/07/2007)
Il reviendra donc à chaque Etat membre de fixer les objectifs nationaux pour les secteurs spécifiques, tels que l’électricité, le chauffage et l’air conditionné, etc. Une sorte de victoire pour la France qui réussit ainsi à préserver sa marge de manœuvre en matière de production d’énergie d’origine nucléaire.
De son côté le président français Nicolas Sarkozy se fait l’ambassadeur de la filière nucléaire française depuis son élection. Après la Slovaquie, la France devrait importer en Bulgarie sa technologie nucléaire. (Lire EurActiv 8/10/2007)
Enjeux:
- Réduction de CO2 : une nouvelle chance pour le nucléaire?
Contrairement à son position traditionnelle sur la question, la commission se positionne davantage en faveur de l’énergie nucléaire, qu’elle considère comme une source d’énergie à faible teneur en carbone viable.
Dans un entretien à EurActiv.com, Matthias Ruete, Directeur général de la DG TREN (Transports et énergie), a déclaré « si nous voulons produire de l’énergie sans CO2 dans l’UE, nous possédons en fait trois piliers : les énergies renouvelables, le nucléaire et le potentiel de la capture et du stockage du carbone (CSC) ».
L’idée qu’une augmentation de l’utilisation des énergies renouvelables ne suffirait pas à réduire les émissions de dioxyde de carbone dans l’Union préoccupe la Commission. En effet, une telle insuffisance remettrait en cause la promesse formulée en mars par les dirigeants européens, de réduire d’au moins 20 % ces émissions d’ici à 2020.
« Si nous abandonnons progressivement le nucléaire, il faudra, à terme, le remplacer uniquement par les énergies renouvelables. Nous ne réaliserons donc pas les économies souhaitées en termes de CO2 » explique M. Ruete. Supposons qu’un Etat membre réduise sa dépendance à l’énergie nucléaire de 5 %, en augmentant l’utilisation d’énergies renouvelables de 5%, « nous ne gagnerons rien en termes de CO2 », ajoute-t-il.
« Nous devons clairement examiner ce que les deux autres piliers ont à offrir ».
Les propos de M. Ruete surviennent quelques jours avant que trois des personnalités les plus importantes de la Commission, y compris Neelie Kroes, commissaire à la Concurrence, n’expriment publiquement leur soutien à l’énergie nucléaire (EurActiv 3/10/07).
- En attendant la capture et le stockage du carbone (CSC)
Hormis l’énergie nucléaire, la Commission a également hâte de voir de nouveaux progrès dans la CSC, qui permet, à partir de combustibles fossiles, de réduire radicalement les émissions de carbone au cours de la phase de production d’énergie.
Les coûts élevés et le scepticisme ambiant jettent cependant le doute sur la probabilité que les technologies relatives à la CSC deviennent, à temps, commercialement viables pour réduire la production de CO2 dans l’UE. Pour Matthias Ruete, « plus nous travaillons sur la CSC, plus nous prenons conscience de son coût réel ».
Afin de continuer à encourager les investissements dans les centrales nucléaires équipées de la CSC, la Commission envisage une révision des règles en matière d’aides d’Etat, qui permettraient aux Etats membres de soutenir ces technologies avec des fonds publics.
D’après M. Ruete, « nous devons nous assurer que notre cadre est bon en termes d’aides d’Etat et de finances publiques. Il est évident qu’un soutien important de la part des Etats est nécessaire pour financer la CSC ». Tout en ajoutant la nécessité de vérifier «que les actes des Etats membres [sont] en accord avec leur promesse de financement ».
La Plate-forme technologique européenne pour les centrales à combustibles fossiles à émission nulle (ETP ZEP) a lancé, le 3 octobre, son programme phare afin que 10 à 12 projets de démonstration de CSC soient opérationnels à l’échelle industrielle d’ici 2015. Ceci fait partie des engagements pris en mars par les dirigeants européens



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