La participation de Gaz de France au projet de gazoduc Nabucco, qui doit relier l’Asie centrale à l’Europe et permettre à l’Union européenne de diversifier et sécuriser ses approvisionnements en gaz, restait en suspend. Mais le géant gazier français a définitivement retiré sa candidature, lundi 18 février.
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Gaz de France n'est plus candidat pour le gazoduc NabuccoAgence France Presse
Gaz de France a retiré sa candidature pour le gazoduc Nabucco
En bref :
« Il y a eu une décision turque qui n’est pas indépendante de considérations politiques et l’offre de GDF est donc retirée », a déclaré le secrétaire d’Etat au Commerce, Hervé Novelli, le 18 février à Istanbul. En septembre dernier, GDF et la compagnie allemande RWE avaient exprimé leur volonté d’investir dans le projet de gazoduc Nabucco. L’allemand RWE a finalement remporté la mise.
La Turquie a mis son veto à l’entrée de GDF dans le consortium Nabucco Gas Pipeline International, notamment en raison des positions françaises relatives au génocide arménien et à l’entrée de la Turquie dans l’UE. Hervé Novelli, en déplacement en Turquie du 17 au 20 février, espérait résoudre le problème.
Le consortium compte aujourd’hui six actionnaires : l’Autrichien OMV, le Hongrois MOL, le Roumain Transgaz, le Bulgare Bulgargaz, le Turc Botas et le nouveau venu, l’Allemand RWE. Le projet Nabucco représente un investissement d’environ 5 milliards d’euros. Cette somme colossale est à l’origine des difficultés financières que rencontre le projet : les actionnaires ont en effet du mal à trouver un accord financier.
Nabucco est pour l’Union européenne un projet énergétique prioritaire, qui vise à sécuriser ses approvisionnements. Pour preuve, la nomination en septembre 2007 de Jozias Johannes van Aartsen, ancien ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, au poste de coordinateur pour ce projet. Ce dernier a d’ailleurs réellement contribué à relancer le projet Nabucco.
Long de 3300 kms, reliant la Turquie à l’Autriche en passant par la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie, le gazoduc Nabucco devrait mettre en place une nouvelle voie d’approvisionnement pour le gaz produit autour de la mer Caspienne, en Asie centrale et, à terme, au Moyen-Orient – avec la possible participation future de l’Iran.
L’idée est évidemment de s’affranchir en partie des traditionnels fournisseurs de gaz de l’UE que sont la Russie, l’Algérie et la Norvège. À la lumière des crises gazières entre la Russie et l’Ukraine, l’UE veut réduire sa dépendance au gaz russe – 41% du gaz importé en Europe vient de Russie -, diversifier ses approvisionnements, et donc améliorer sa sécurité énergétique.
Parallèlement, la compagnie russe Gazprom et la compagnie italienne ENI ont lancé un autre projet de gazoduc, nommé South Stream, qui passerait par la Bulgarie et la mer Noire. Souvent présenté comme un concurrent de Nabucco, South Stream serait en fait « complémentaire », ainsi que l’a déclaré à EurActiv.fr le porte-parole du commissaire à l’énergie Andris Pielbags, Ferran Tarradellas Espuny.
Selon une source bien informée, le problème est bien moins la soi-disant concurrence entre les différents projets que la viabilité même de Nabucco. En effet, la demande de gaz en Europe est telle qu’il y a largement de la place pour les deux projets.
En revanche, deux problèmes majeurs se posent quant à la réalisation de Nabucco: Quelles seront les conditions imposées par la Turquie en termes de transit? Et d’où viendra réellement le gaz? Nabucco est prévu pour un transit maximal de 31 milliards de m3 par an. En Asie centrale, l’Azerbaïdjan peut fournir actuellement entre 6 et 8 milliards de m3 de gaz par an, et 13 de plus en 2013, date à laquelle Nabucco devrait être opérationnel. L’Azerbaïdjan à lui seul ne suffit donc pas.
Quelles seront, dans ce cas, les alternatives? L’Iran est susceptible de livrer son gaz par ce gazoduc, mais rien n’est moins sûr. De même, il n’est pas certain que le gouvernement du Turkménistan choisisse de vendre son gaz à l’Europe.



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