L’Agence internationale de l'énergie (AIE), basée à Paris, a publié sa première analyse sur la politique énergétique de l’UE. Elle approuve les plans de la Commission visant à démanteler les géants européens de l’énergie et appelle, entre autres, à une intensification des échanges transfrontaliers d’énergie renouvelable.
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Commission européenne
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paquet énergie et climat
A Bruxelles, jeudi 4 septembre, le directeur général de l’AIE, Nobuo Tanaka, a salué le paquet européen « énergie-climat », présenté le 23 janvier par la Commission. Il a toutefois averti que la politique européenne était moins cohérente en matière de libéralisation du marché de l’énergie.
M. Tanaka a fait part de ces commentaires en présentant au nom de l’AIE, la première analyse de la politique européenne.
Il s’est inquiété de la résistance de certains pays membres qui refusent une dissociation patrimoniale complète, soit la séparation de la production et de l’approvisionnement. En septembre 2007, Bruxelles a en effet proposé des plans ambitieux en faveur de la libéralisation des marchés du gaz et de l’électricité, avant d’édulcorer sa proposition sous la pression d’un groupe d’Etats membres, France et l’Allemagne en tête.
Dans une allusion à peine déguisée au compromis négocié en juin par les ministres de l’Energie (EurActiv 09/06/08), M. Tanaka a indiqué que toute alternative à la séparation patrimoniale complète serait une solution insatisfaisante.
Le représentant de l’AIE a aussi critiqué les restrictions sur le commerce concernant les certificats d’énergie renouvelable entre Etats membres. Selon lui, cela augmente inutilement le coût des objectifs en matière d’énergie renouvelable.
Des propositions visant à atteindre 20 % d’énergie renouvelable sont actuellement débattues au Conseil et au Parlement (lire le Dossier d’EurActiv sur les énergies renouvelables). Pour stimuler le marché européen des énergies renouvelables, la Commission a cherché à mettre en avant les échanges transfrontaliers de certificats d’énergie renouvelable. Mais ces propositions ont reçu un accueil mitigé de la part de députés européens influents et de plusieurs Etats membres.
Les incitations commerciales devraient vraisemblablement être abandonnées en faveur de mécanismes « flexibles », et de partenariats entre Etats membres.
Sur la question de la sécurité énergétique, M. Tanaka a appelé à renforcer le dialogue avec les pays fournisseurs tout en offrant des conditions favorisant l’investissement dans les infrastructures énergétiques sur le marché intérieur. Il estime que les relations énergétiques extérieures de l’UE constituent sans doute le point faible de la politique énergétique. Il se joint ainsi aux critiques récurrentes selon lesquelles les Etats membres privilégieraient leurs propres intérêts nationaux vis-à-vis des pays fournisseurs au détriment d’une position commune.
Les relations de l’Europe avec la Russie - principal fournisseur en gaz et en pétrole du Vieux continent - se sont récemment tendues à la suite de la crise géorgienne du mois d’août. Certains craignent que cet épisode, comme la proposition d’insérer une clause « Gazprom » sur les règles de réciprocité en matière d’investissement sur le marché énergétique russo-européen, n’affectent la sécurité énergétique de l’UE.
M. Tanaka a également souligné la nécessité d’investir davantage dans les technologies propres telles que le captage et le stockage du CO2 (CSC). Il a appelé les Etats membres et le secteur privé à mobiliser les fonds nécessaires à cette fin.




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