En adoptant le rapport d’Anne Laperrouze sur la seconde analyse stratégique de l’UE, les députés de la Commission industrie du Parlement européen ont insisté sur la nécessité de contraindre les Etats membres à renforcer leur efficacité énergétique. Une méthode efficace pour améliorer la sécurité énergétique de l’Europe.

Documents officiels
Parlement européen
Le projet de rapport d'Anne LaperrouzeCommission européenne
Livre vert sur l'efficacité énergétique ou Comment consommer mieux avec moins
L’objectif de l’UE d’améliorer l’efficacité énergétique de 20% d’ici à 2020 devrait être contraignant. Des ambitions claires en vue de sécuriser l’approvisionnement énergétique européen devraient être fixées pour 2050. C’est ce qu’ont indiqué les députés de la commission Industrie, recherche et énergie du Parlement européen (PE) en adoptant à une large majorité, le 21 janvier, le rapport de la députée française Anne Laperrouze (ALDE), sur la deuxième analyse stratégique de la politique énergétique de l’UE.
Les députés européens ont appelé les Etats membres à accepter de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80%, à améliorer l’efficacité énergétique de 35% et à faire passer la part des énergies renouvelables à 60% de la consommation totale d’énergie européenne d’ici à 2050.
Un renouveau du nucléaire?
Les députés ont également souligné l’importance de développer l’énergie nucléaire «au plus haut niveau de sécurité technologiquement possible». Ils ont également appelé la Commission à concevoir une feuille de route spécifique pour les investissements nucléaires.
En dépit de nombreuses propositions d’amendements sur le projet de rapport d’Anne Laperrouze (ADLE), les eurodéputés sont finalement tombés d’accord sur le fait que l’UE devait parler d’une seule voix en ce qui concerne la sécurité de l’approvisionnement énergétique.
A ce titre, le PE a demandé à la Commission de soumettre, avant la fin de l’année 2009, une proposition de révision de la directive de 2004 relative à la sécurité de l’approvisionnement en gaz. Celle-ci devrait notamment comprendre des «plans d’actions d’urgence efficaces et obligatoires au niveau national et communautaire». La nécessité de mettre en place un réseau gazier paneuropéen a également été soulignée.
Régions baltique et caspienne
Les eurodéputés ont insisté sur la nécessité de renforcer l’intégration de la région de la mer Baltique et appelé au développement d’interconnexions pour le gaz et l’électricité en Europe centrale et du Sud-Est, le long d’un axe Nord-Sud. La région de la mer Caspienne, en particulier l’Ouzbékistan et l’Iran, constitue également une source d’approvisionnement importante pour l’UE à condition que le contexte politique n’y fasse pas obstacle, ont-ils ajouté.
Le développement du gazoduc Nabucco a également été soutenu. Toutefois, une clause prévoit que ce projet devra être réalisé en coopération avec la Russie. La commission a enfin souligné qu’il était urgent de négocier un nouvel accord de partenariat et de coopération avec Moscou.
POSITIONS
Selon Anne Laperrouze, eurodéputée française (ADLE), rapporteur au Parlement chargée du dossier, «le risque d’une crise majeure au cours de la prochaine décennie existe». «La solidarité énergétique doit devenir une grande cause européenne: porter atteinte à l’approvisionnement en énergie d’un Etat de l’UE, c’est porter atteinte à l’approvisionnement de l’UE toute entière», a-t-elle ajouté.
L’eurodéputée allemande Rebecca Harms, vice-présidente et porte-parole sur l’énergie du groupe des Verts/ALE, estime quant à elle que les eurodéputés ont adopté un rapport passéiste en faisant du charbon et du nucléaire l’avenir de la politique énergétique européenne. Elle espère que cette vision ne sera pas validée par le Parlement, lors du vote en session plénière au mois de février.
Incitant l’UE à tirer des leçons de la crise gazière, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que l’UE ne pouvait pas se permettre de se retrouver dans une telle situation à l’avenir. « L’UE doit sérieusement se pencher sur les questions de diversification des sources et d’investissement pour l’avenir de la sécurité énergétique de l’Europe », a-t-il ajouté. Un message qu’il compte faire passer aux chefs d’Etat et de gouvernement lors du prochain Conseil européen.
PROCHAINE ETAPE
Février 2009 : discussion sur le rapport d’Anne Laperrouze en session plénière.
CONTEXTE
La seconde analyse stratégique de la politique énergétique de l’UE a été présentée par la Commission européenne en novembre 2008. Le texte fait du renforcement de la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’UE une priorité du mandat de la prochaine Commission.
En 2007, l’exécutif européen a présenté sa première analyse stratégique de la politique énergétique de l’Europe. Celle-ci faisait partie d’une communication plus vaste sur le changement climatique et énergétique.
Lors du Conseil européen de mars 2007, les Etats membres ont pris des engagements afin de lutter contre le changement climatique: 20% de CO2 en moins d’ici à 2020 et 20% d’énergies renouvelables en plus sur la même période. Accroître l’efficacité énergétique de l’UE de 20% d’ici 2020 fait également partie des ambitions des 27. Mais, contrairement aux deux premiers objectifs, celui-ci n’est pas juridiquement contraignent. Traduits en propositions législatives dans le paquet énergie-climat présenté par la Commission le 23 janvier 2008, ces objectifs ont été adoptés par le Conseil et le Parlement européen en décembre 2008. (Lire le dossier d’EurActiv.fr)




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