Copenhague-2009.com. Ce site internet a été lancé, le 25 mai, par 11 organisations notamment Greenpeace France ou le WWF France dans la perspective de la réunion de décembre 2009, qui doit décider de la deuxième phase du protocole de Kyoto. Parmi ces organisations, toutes n’ont cependant pas pour priorité majeure de soutenir des causes écologiques, à l’instar de la Fédération internationale des droits de l’homme ou d’Action contre la faim, par exemple.  

Elles sont toutefois parvenues à s’accorder sur la question du climat, qui s’immisce dans les actions qu’elles mènent. “On a voulu s’allier avec d’autres ONG car le changement climatique a un effet sur les territoires où l’on agit. Les catastrophes naturelles ou la sécheresse fragilisent les cultures, ce qui touche inévitablement la nutrition,” explique Mélanie Turcotte, chargée de communication à Action contre la Faim.

La finalité de cet appel consiste en premier lieu à optimiser les chances de réussite du sommet de Copenhague qui aura lieu sous l’égide de l’ONU en décembre 2009. Le texte proposé par les ONG est ainsi assorti d’objectifs quantifiés, exigeant des pays indutrialisés une réduction de 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, en référence au taux de 1990.

Les 11 organisations comptent battre le fer tant qu’il est chaud en incitant également les gouvernements à se doter de moyens financiers conséquents. Il faut en effet  que des transferts de fonds soient opérés “en direction des pays du sud, souligne Sylvain Trottier de Greenpeace France, de façon à les soutenir dans la gestion des urgences comme dans la lutte à plus long terme contre le changement climatique”. A ce jour, l’UE n’a arrêté aucun engagement chiffré en la matière (Euractiv.fr, 25/05/09).

Le contexte de crise pourrait ne pas être propice au déploiement de fonds supplémentaires. Face à une demande estimée à 100 milliards d’euros par an jusqu’en 2020, le responsable de Greenpeace France regretterait que “les égoïsmes nationaux ne reprennent le dessus.” Les prises de positions récentes des Américains le rendent cependant optimiste : “Avec l’administration Obama, on assiste au retour des Etats-Unis après huit ans d’absence. De plus, le réchauffement climatique est désormais un fait avéré, les rapports du GIEC sont clairs à ce sujet.”

Ces éléments de bon augure ne doivent pas pour autant susciter d’enthousiasme prématuré. Dans le “climate bill”, les Etats-Unis ont en effet décidé de fonder leur engagement de réduction à partir du taux d’émissions de 2005, alors que la communauté internationale continue de se référer à l’année 1990. Un tel ajustement risque d’escamoter les efforts réels concédés par le plus gros pollueur du monde. (Euractiv.fr 25/05/09).

Espérant collecter 1 million de signatures d’ici le sommet de Copenhague, les ONG porteuses de l’appel sollicitent tous les organismes concernés par la lutte contre le changement climatique à venir renforcer leurs rangs.