Agir sur le plafonnement de la production pétrolière ou réduire la mobilité

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La DG de la Commission en charge du transport et de la politique de mobilité a prévenu lors d'une conférence sur le plafonnement de la production pétrolière que le report des mesures vouées à réduire la dépendance au pétrole constituerait une « erreur fatale » de la part de l'UE.

« Si nous n'agissons pas rapidement, dans un futur assez proche, nous pourrions être forcés de réduire de manière drastique notre mobilité et d'importer des solutions technologiques d'autres régions du monde », a déclaré Marjeta Jager lors d'une conférence du Parti vert au Parlement européen.

Le livre blanc sur les transports de la Commission européenne a affirmé haut et fort que la réduction de la mobilité sociale n'était pas une option.

Le plafonnement de la production pétrolière est le moment où la moitié des réserves de pétroles mondiales ont été épuisées et où la production entre en phase terminale, ce qui se caractérise par une hausse des prix et des perturbations dans l'approvisionnement.

Même si l'industrie pétrolière n’a d'abord pris ce phénomène au sérieux, le consensus est aujourd'hui que le monde vient d'atteindre ce plafonnement.

La semaine dernière, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a déclaré que le plafonnement de la production de pétrole avait en fait été atteint en 2006.

« Les champs [pétroliers] existants s'épuisent tellement que pour nous stabiliser au niveau actuel en termes de production dans les 25 prochaines années, nous devrions trouver et développer quatre nouvelles Arabie saoudite », a-t-elle déclaré.

M. Birol prévoit d'ailleurs que les prix du pétrole augmenteront de près d'un tiers dans les trois prochaines années.

Depuis le début du printemps arabe, les prix du brut ont flambé jusqu'à 100 dollars le baril pour la première fois depuis la crise des crédits. Mais le manque de transparence de la part des producteurs de pétrole sur l'ampleur de leurs réserves a également suscité une incertitude plus systémique.

En février, des télégrammes américains ont révélé que Washington craignait que les réserves pétrolière de l'Arabie saoudite, le plus grand exportateur de brut au monde, n'aient été surestimées d'environ 40 %.

Ressemblance avec la bulle du crédit

Jeremy Leggett, fondateur de Solar Century, la plus grande entreprise de solutions solaires au Royaume-Uni, et ancien conseiller du gouvernement britannique sur les énergies renouvelables, a prévenu lors de la conférence à Bruxelles que le paradigme du risque lié au plafonnement de la production pétrolière ressemblait fort à la bulle du crédit peu avant qu'elle n'éclate en 2008.

« Notre plus grande crainte est que cela soit vécu comme une sorte de famine de l'énergie qui, dans un le monde du « juste-à-temps », pourrait dégringoler à une vitesse folle », a-t-il expliqué.

Toutefois, Jan Panek, qui dirige l'unité charbon et pétrole à la DG énergie de l'UE, a déclaré que la directive sur les stocks de pétrole de 2009, qui obligeait les Etats membres à garder des stocks minimum de produits pétroliers, avait permis à l'Europe de gérer les manques immédiats.   

« Nous n'en avons pas eu beaucoup par le passé, mais nous pourrions en avoir plus à l'avenir », a-t-il déclaré.

« Des incertitudes demeurent quant aux nombres de réserves [pétrolières] et à la disponibilité du pétrole actuellement dans le domaine public ».

Il a toutefois refusé de préciser l'ampleur de l'influence des estimations officielles du nombre de réserves pétrolières aux mains des pays du Golf, y compris l'Arabie Saoudite, sur les modèles et les plans d'urgence de l'UE.

Un autre invité, Lord Oxburgh, a ironiquement noté que le roi Abdullah d'Arabie saoudite avait ordonné que les nouvelles découvertes pétrolières soient laissées de côté pour les générations futures.

« Ils vont le livrer aussi lentement que possible, au prix le plus élevé possible », a-t-il dit. « C'est la stratégie d'un marchand de vin qui a un millésime ».

C'est dans le monde en développement que les problèmes causés par le plafonnement des réserves se feront le plus sentir, a déclaré M. Oxburgh.

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