Améliorer les infrastructures énergétiques européennes

  
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L’Union européenne doit créer l’infrastructure énergétique nécessaire à assurer l’indépendance énergétique du continent, notamment en achevant les projets à temps et en établissant des réseaux énergétiques intelligents, affirme l’eurodéputé Francisco Sosa Wagner.

Francisco Sosa Wagner est écrivain, professeur et membre espagnol indépendant du Parlement européen. Il siège à la commission industrie, recherche et énergie.

Ce commentaire a été publié pour la première fois dans la newsletter mensuelle de Confrontations Europe, Interface.

Les questions énergétiques sont mentionnées dans les documents de la Commission européenne depuis les années 1990. En 2006, les objectifs de la politique énergétique ont été fixés : marché commun, impulsion des énergies renouvelables, lutte contre le changement climatique, sécurité d'approvisionnement et diversification des sources. Plus tard, les célèbres « trois x 20 » (réduction des gaz à effet de serre de 20%, amélioration de l'efficacité énergétique de 20 % et augmentation des énergies renouvelables de 20 %), sont entrés au cœur des préoccupations européennes. Parallèlement à ces nouveaux objectifs, il est apparu clairement que la géopolitique bilatérale était une stratégie inefficace qui devait être remplacée par une politique commune intégrée à la politique extérieure. Le Traité de Lisbonne a consacré un titre complet à l'énergie. Cependant, chaque Etat membre garde la structure de ses approvisionnements et la configuration de son « mix » énergétique.

L'objectif du rapport que nous avons approuvé au mois de juillet vise à améliorer les infrastructures énergétiques qui sont, de l'avis de la Commission européenne, « vétustes et mal reliées ». D’importants changements sont intervenus : augmentation spectaculaire de la production d’énergie éolienne dans les régions de la mer du Nord et de la mer Baltique ; immense potentiel des énergies renouvelables dans le sud de l'Europe et d'Afrique du Nord ; problèmes résultant du stockage de l'électricité à grande échelle ; nouveaux besoins en matière de rechargement des véhicules électriques ainsi que du transport ; problème du stockage du CO2 et de l’hydrogène… Il est impossible de traiter ces questions, si nous n’imaginons pas de nouveaux réseaux et de nouvelles connexions tant au sein de l'UE qu’auprès des pays tiers.

Il faut maintenant avancer dans la détermination des infrastructures nécessaires :

A) Etablir des critères permettant de sélectionner des projets "d’intérêt européen" et mettre fin aux "îles énergétiques".

B) Assurer la mise en œuvre de ces projets dans des délais raisonnables et élaborer des formules permettant de résoudre la question des procédures d'autorisation et d’octroi de permissions dans les États membres.

C) Assurer un financement qui permettra d'attirer et de stimuler l'investissement privé. L'efficacité énergétique – et l’épargne – sont les ingrédients au cœur d’une nouvelle conception. Nous croyons qu’avec une réduction de la demande d'énergie, la dépendance à l'égard des importations peut être diminuée grâce aux traitements des besoins en infrastructures locales adaptées tant publiques que privées. Nous insistons sur la nécessité de créer des réseaux intelligents qui assurent une bonne relation entre la production, le transport et la distribution permettant ainsi au citoyen une consommation réfléchie, économisant l'énergie.

La principale préoccupation qui est apparue au cours des travaux sur ce rapport est le traitement des permissions et autres pré-requis de la procédure administrative : les projets s’éternisent à cause de l'opposition des populations locales aux implantations d’installations.

Pour résoudre ce conflit, tout en étant respectueux des compétences des États, nous avons pensé à la mise en œuvre d’une information précoce aux citoyens. De plus, nous encourageons la Commission à prévoir un système graduel d’avertissements au cas où un Etat membre ne traiterait pas la proposition d’autorisation dans des délais raisonnables.

Nous sommes devant des objectifs ambitieux pour lesquels le concours de tous est nécessaire. Il est donc indispensable que les entreprises du secteur participent et soutiennent ce cadre réglementaire stable, non soumis aux caprices transitoires des gouvernements, permettant le meilleur moyen d'assurer le financement de leurs efforts. Jusqu'à présent la politique énergétique de l'UE a manqué d'une impulsion résolument "européenne".

Aujourd'hui nous devons être conscients que le temps des politiques énergétiques nationales appartient au passé. L'Europe doit parler "d’une seule voix". Une voix bien audible qui résonne parfaitement sous la voûte de l'édifice européen.

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