Enjeu majeur dans un contexte d’insécurité d’approvisionnement électrique dans l’Union européenne, le nucléaire demeure pourtant aujourd’hui une alternative exclusivement nationale.

Lors du colloque organisé par Confrontations Europe les 27 et 28 mars 2008 et qui a rassemblé 256 participants venus de toute l’Europe, l’ensemble des intervenants ont témoigné que « si le nucléaire n’était pas LA solution, il n’y aura pas de solution sans le nucléaire », comme l’a déclaré Gérard Mestrallet, le président de SUEZ. Toutes les grandes entreprises présentes, comme ENEL , ou E.ON, RWE, ont convergé sur ce point et affirmé ne pas vouloir rester hors du jeu d’un marché de l’électricité en pleine mutation.

Dominique Ristori, directeur général adjoint de la Direction générale Energie de la Commission européenne, a rappelé ainsi que l’exécutif européen a mis en place un groupe de haut niveau pour la sûreté et la gestion des déchets nucléaires, ainsi que la constitution d’un Forum nucléaire européen pour tenter d’établir des lignes de convergence entre Etats membres.

Mais les initiatives de la Commission européenne sont pour l’instant peu incitatives, selon les intervenants du colloque.

Il s’agirait d’aller beaucoup plus loin en étudiant des solutions pour donner à l’industrie nucléaire de meilleures chances de développement et ainsi réduire la dépendance énergétique et  créer les conditions d’un marché à prix compétitifs.

Patrice Lambert de Diesbach, du CIC Crédit Mutuel, a notamment proposé l’instauration d’une procédure d’agrément unifiée pour la construction des centrales en Europe, ceci pour « rassurer les marchés ».

Rolf Linkohr, président du Centre for european energy, a appelé de ses vœux la mise en place rapide de garanties d’exportation pour préserver la compétitivité de l’industrie nucléaire européenne.

De manière plus large, les participants au colloque ont reconnu que le développement du nucléaire dans l’UE  devait être un des moyens prioritaires de lutte contre le changement climatique.

Pour Philippe Herzog, président de Confrontations Europe et ex-eurodéputé, l’absence d’un mix énergétique européen et d’une capacité d’action stratégique extérieure constituent pour l’instant de lourds handicaps dans le développement du nucléaire dans l’UE.

Selon lui, « soit on donne une compétence à l’Union, soit on avance par coopérations renforcées ».

Des mots entendus par le ministre des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, qui a insisté peu de temps après sur la priorité que constituera la sécurité d’approvisionnement durant la  Présidence française.

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