« Il faut changer de braquet pour cette conférence où nous allons droit à la catastrophe ». Ces mots prononcés par le président français, Nicolas Sarkozy, jeudi 17 décembre à son arrivée à Copenhague semble avoir été suivis d’effet.
Réunis à huis clos à la demande de quelques pays européens et du Brésil, les conseillers d’une trentaine de chefs d’Etat ont accouché dans la nuit d’un « projet de déclaration politique », selon l’AFP.
Les 15 jours de négociations sur le réchauffement climatique n’ayant abouti à rien, l’idée de réussir à se mettre d’accord sur un accord juridiquement contraignant pour donner suite au protocole de Kyoto n’avait en effet plus aucune chance d’aboutir hier soir.
Pour éviter l'échec total des négociations les pays présents pourraient donc se mettre d'accord sur un texte d'orientations politiques. « Ce groupe restreint a essayé de trouver un accord politique en forme de « chapeau » et de mettre en avant les principaux points », a déclaré le premier ministre suédoise, Fredrik Reinfeldt, cité par l’AFP. La nécessité de se mettre d’accord sur ce chapeau politique avait été affirmée quelques heures auparavant par Nicolas Sarkozy à la tribune du Cop15.
Le texte rédigé dans la nuit doit être examiné dans la matinée par une trentaine de chefs d’Etat. Il sera ensuite soumis aux 130 dirigeants réunis à Copenhague dans le cadre de la Convention cadre des Nations Unies sur le climat (CNUCC).
La conférence de Copenhague pourrait donc accoucher de trois documents : ce chapeau politique qui orienterait la suite des négociations des deux textes négociés sous l’égide de l’ONU, c’est-à-dire la Convention cadre et la suite du protocole de Kyoto dont seuls font partie les pays de l’annexe 1. Les Etats-Unis et les pays émergents n’ont jamais ratifié le protocole.
Ce projet d'accord politique approuverait la limitation à deux degré du réchauffement climatique et les limitations d’émission de gaz à effet de serre qui correspondent, mais avec une échéance à 2050 et pas à 2020 comme cela était attendu.
L’aide au financement de la lutte contre le changement climatique devrait également être mentionnée, passant de 10 milliards de dollars en 2012 à 100 milliards en 2020.
Jeudi 17 décembre, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a indiqué que les Etats-Unis étaient prêts à mettre au pot pour le financement de l’aide aux PED mais sans en préciser le montant.
Le texte devrait être mis en musique juridiquement dans les six prochains, dans la perspective du prochain rendez-vous de la Convention cadre des Nations Unies pour le climat à Bonn en juin 2010.




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