Rendre les secteurs des transports et de l’électricité plus sobres en carbone à l’horizon 2050. Tel est le nouveau grand projet de la Commission européenne, selon le directeur général adjoint de la DG Energie et transport, Fabrizio Barbaso.
Lors d'un colloque sur les réseaux électriques du futur organisé le 27 janvier à l'Assemblée nationale, M. Barbaso a énuméré les projets de l’Exécutif européen dans ce domaine. La sécurisation des approvisionnements (via les énergies renouvelables), l’efficacité énergétique, la protection environnementale, et plus largement la croissance verte en font partie.
Le directeur général a plaidé pour l’intégration des énergies renouvelables et des nouvelles technologies dans la production électrique, autrement dit, pour « des investissements dans les réseaux intelligents ».
« Les consommateurs pourraient baisser de 5 à 20% leur consommation et les gestionnaires pourraient déplacer la demande de 30 à 50% vers les heures creuses, donc éviter de recourir au gaz et au charbon », a-t-il expliqué.
Selon lui, l'avenir passe par la transformation du consommateur en producteur de son électricité. « L’énergie doit circuler librement, depuis la mer du nord à la méditerranée », a-t-il ajouté.
1000 milliards d’euros seraient ainsi nécessaires d’ici à 2030 pour la rénovation des réseaux et la production d’électricité. Mais la question est de déterminer qui investira pour financer cette évolution.
Or dans ce domaine, l'Europe ne peut pas tout contrôler semble déclarer en substance le représentant de la Commission. « Nous dépendons des administrations nationales, des investisseurs privés, des organes de régulation, des producteurs de technologie », a affirmé M. Barbaso.
Aujourd’hui, l’Europe consacre 3 milliards d’euros par an à la recherche pour les nouvelles technologies. Mais, selon la Commission, les besoins avoisinent les 8 milliards. Un investissement qui pourrait être financée par les entreprises privées.
Quant à la facture finale, c’est au «régulateur » de déterminer qui la paye, a ajouté Fabrizio Barbaso. Or selon lui, ce débiteur pourrait bien être le consommateur.
Il est "urgent d’investir dans les énergies à faible intensité de carbone", a martelé le directeur général. Et comme si le message n'avait pas été suffisamment clair, il a rappelé que si la Commission définissait des objectifs politiques précis, ainsi que le cadre propice à leur réalisation, la réelle mise en œuvre était entre les mains d’autres acteurs, publics et surtout privés.
POSITIONS :
Selon Pierre-Franck Chevet, directeur général Energie et Climat au ministère de l’écologie, la répartition du financement dépend du type de dépenses concernées : « il est important de séparer ce qui relève de l’évolutif, qui doit être payé par la concurrence, et ce qui relève de l’investissement. » Plus précisément « pour les technologies qui changent tous les 3-4 ans, ce n’est pas la peine d’embarquer le consommateur, contrairement aux infrastructures comme le compteur communicant », explique-t-il.
Selon le député UMP de l’Orne, Jean-Claude Lenoir, vice-président du groupe d’études énergie, le compteur communicant par exemple « fait partie du réseau » et doit donc être financé "par le tarif ".
"L’idée selon laquelle il faut plus de réseau parce que la demande en électricité augmente est une vision trop simpliste. Les réseaux sont aussi un moyen d’écouler les énergies renouvelables. Les besoins sont croisés", estime-t-il par ailleurs.
Le directeur général de la division stratégie et innovation de Schneider Electric, Philippe Delorme, estime que « les gains stratégiques [grâce aux smart grids] peuvent permettre d’investir ».



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