Trois mois avant les négociations sur l’avenir du protocole de Kyoto à Copenhague, quatre pays européens, dont la France, se lancent dans une campagne diplomatique mondiale pour tenter de trouver un accord.
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"Le paquet climat, un moteur pour sortir de la crise?" 23/06/2009Autre
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La lutte contre le changement climatique est un problème politique. Le message délivré à l’unisson par quatre ministres européens des Affaires étrangères à Sciences Po le 8 septembre a été clair. Organisée au pied levé par l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), la manifestation avait les allures d’un service commandé à la dernière minute par le Quai d’Orsay. Reçus par Bernard Kouchner pour une réunion de travail, les ministres suédois, danois et britannique sont donc venus porter la même bonne parole devant plusieurs centaines d’étudiants de l’IEP et quelques journalistes.
S’ils ont tous rappelé l’urgence d’agir pour le climat, les ministres présents ont donc surtout insisté sur le caractère politique de la lutte contre le changement climatique. « Nous devons traduire dans notre politique étrangère ce nouveau défi. Nous quatre pensons qu’il faut redonner sa dimension politique à ces débats », a indiqué Bernard Kouchner. « Il faut engager nos services diplomatiques pour expliquer à nos collègues dans le monde que ce n’est pas seulement une question environnementale mais aussi une question politique et que notre sécurité est en jeu », a renchéri le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, dont le pays dirige actuellement l’UE.
Le rôle de l’UE
Ce combat doit être mené par l’UE, ont-ils estimé. Elle est le « leader mondial de la lutte contre le changement climatique », a affirmé le Suédois et la « seule à se mobiliser réellement sur cette négociation » selon M. Kouchner.
À trois mois de la réunion internationale de Copenhague qui vise à définir la deuxième phase du protocole de Kyoto dont le processus arrive à échéance en 2012, les Européens veulent mettre la pression sur leurs partenaires mondiaux. Si l’UE a réussi à se mettre d’accord sur des objectifs visant à limiter à 2°C le réchauffement climatique d’ici 2100, la communauté internationale semble loin du compte. Les Etats-Unis plaident pour la prise en compte de l’année 2005 pour calculer les objectifs de diminution des émissions de gaz à effet de serre et les pays en développement (PED) ne semblent pas prêts à transformer leur modèle de croissance.
Un langage commun avec les PED
Parmi les méthodes évoquées pour convaincre: la construction de coalitions. La France et le Brésil semblent avoir lancé la machine. Les deux pays se sont mis d’accord, lors de la récente visite de Nicolas Sarkozy, pour arriver à Copenhague avec une position commune. Le modèle pourrait donc être reproduit. « Si nous n’adoptons pas de langage commun avec les pays en développement, je ne pense pas que Copenhague sera un succès car ils ont raison de se méfier de nous, a expliqué Bernard Kouchner. L’enjeu se joue partout notamment dans les PED qui développent une industrie polluante mais ne veulent pas qu’on leur donne des leçons. »
Reste à savoir quels seront les arguments qui permettront de trouver ce langage commun. Pour des pays comme le Brésil, la Chine, ou l’Inde, le choix d’une économie pauvre en carbone implique une transformation radicale et des coûts financiers importants. « Cela revient plus cher de ne pas utiliser le charbon », a indiqué le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband au sujet de l’Inde avant de préciser que « la manière de trouver une solution au problème est de faire en sorte que les pays riches payent pour les pays en développement ».
Incertitudes sur l’aide aux PED
Mais les Européens n’ont pas encore réussi à se décider sur le montant de cette aide. « Il faut leur offrir un partenariat certainement avec plus d’argent en provenance des pays développés », a indiqué Bernard Kouchner. Sans toutefois en préciser le montant, ni la date à laquelle il sera impératif de le définir (voir encadré).
La réunion de mardi est le signe que la France compte jouer un rôle dans l’obtention d’un compromis à Copenhague. Les ministres présents à Sciences Po doivent effectuer le même type d’exercice à l’université de Copenhague le 10 septembre. Avant de passer de la théorie à la pratique à l’occasion de la prochaine réunion de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) le 22 septembre à l’ONU et le 25 septembre à Pittsburgh pour le G20. En cas d’échec à Copenhague, il n’y aura pas de plan B, ont conclu les ministres.
CALENDRIER :
- 17 septembre : Sommet extraordinaire de l’UE pour préparer le G20
- 22 septembre : Réunion de la Convention-cadre des Nations unies sur le climat à Bonn
- 25 septembre : Réunion du G20 à Pittsburgh
- 7 au 18 décembre : Réunion de l’ONU à Copenhague pour définir la deuxième phase du protocole de Kyoto
LA FRANCE OPPOSEE A LA FIXATION D’UN MONTANT POUR L’AIDE AUX PAYS EN DEVELOPPEMENT AVANT COPENHAGUE
Interrogé par EurActiv.fr sur la nécessité de fixer le montant de l’aide aux PED avant la conférence de Copenhague en décembre, Bernard Kouchner a répondu par la négative. « On a le chiffre de 0,7% du budget qu’on doit atteindre un jour et que personne encore n’a atteint. Fixer [un montant, ndlr] c’est facile. Ce qu’il faut, c’est faire », a-t-il ajouté.
Visiblement embarrassé par la position française, le ministre suédois a été plus évasif. « Je ne dirai pas qu’il faut avoir tout décidé dans le détail avant de se rendre à la négociation, mais nous avons besoin de nous mettre d’accord sur un montant approximatif. Nous avons un Conseil européen extraordinaire la semaine prochaine, ce sujet sera sur la table à ce moment-là. »
La Commission européenne doit prendre position sur le sujet dans un rapport présenté jeudi 10 septembre. L’aide nécessaire pour les PED a été évaluée à 100 milliards d’euros par an, selon les chiffres mis en avant par plusieurs ONG de défense de l’environnement. Le rapport de la Commission européenne, dont Reuters a obtenu une copie, tablerait sur une aide située entre 2 et 15 milliards de dollars par an. Une fourchette presque deux fois inférieure à celle évoquée jusqu’à présent (13 à 24 milliards d’euros).



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