La Commission européenne a donné une première estimation de l'aide potentielle accordée par l'UE aux pays en développement afin de réduire leurs émissions de gaz à effet serre (GES), dans une communication publiée le 10 septembre. Entre 2013 et 2020, la participation annuelle de l’UE serait comprise entre 2 et 15 milliards d’euros.

Le mode de financement n’a pas été arrêté définitivement mais Stavros Dimas, le commissaire en charge de l’Environnement, a évoqué la possibilité de combiner trois ressources : le budget communautaire, les contributions propres des Etats membres et un fonds pour le climat dont le Commissaire n’a « pas exclu la création ».

Des efforts financiers à géométrie variable

L’aide allouée par l’UE s’inscrit dans une dynamique globale où tous les Etats, à l’exception des plus pauvres, sont appelés à mettre au pot. Le montant est toutefois modulé en fonction de leur PNB et de la quantité historique de gaz à effet de serre dont ils sont à l’origine. M. Dimas a également souligné la prise en compte de « circonstances particulières » dans le calcul de la contribution. « Si un pays est particulièrement dépendant du charbon et que son PIB est plutôt bas », il pourra les invoquer, a-t-il précisé.

L’effort international requis serait de 22 à 50 milliards d’euros, une somme qui ne couvre pas l’intégralité des besoins de financement des pays du sud, estimés à 100 milliards d’euros par les ONG environnementales. Deux autres pistes sont donc explorées : le marché du carbone d’une part, pourrait rapporter 38 milliards par an si les pays en développement s’engagent à réduire de 30% leurs émissions d’ici à 2020. D’autre part, un effort est attendu des pays du Sud, permettant ainsi de prendre en charge 20 à 40% des flux financiers.  

La balle est dans le camp des Etats membres

La répartition financière proposée est contestée par les ONG. Le WWF estime par exemple que l’Europe devrait s’engager à la hauteur de 35 milliards d’euros, soulignant le caractère « remarquablement faible » des 2 milliards d’euros comme seuil minimal. Le Réseau action climat (RAC) regrette par ailleurs que « les pays du Sud [aient à] supporter l'essentiel de l'effort à fournir pour réduire leurs émissions ».

De son côté, le commissaire européen à l’Environnement s’est pourtant dit sûr à « 100% » de la capacité des Etats à obtenir un accord à Copenhague. Une assertion justifiée par la logique mathématique. « Ne pas agir aujourd’hui signifie plus d’argent dépensé demain », a-t-il affirmé à l’occasion d’une conférence de presse.

Reste à savoir si le montant avancé par la Commission sera validé par les Etats membres de l’UE. Si la Suède, qui préside actuellement l'UE, plaide pour la définition d’un montant approximatif lors du Conseil européen du 17 septembre (EurActiv.fr le 10/09/09), l’attitude de Nicolas Sarkozy suscite plus d’inquiétudes : son mutisme sur toute aide chiffrée peut « saboter à Bruxelles l’espoir d’un accord international sur le climat », a déclaré l’eurodéputé français Yannick Jadot (Verts), dans un communiqué le 8 septembre.