«Etablir un emploi du temps précis pour accoucher d’un traité détaillé et contraignant d’ici mi-2010 serait parfait», a affirmé le commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas à EurActiv.com lors d’un entretien.

Documents officiels
Parlement européen
résolution sur les engagements en vue de Copenhague (en anglais)Conseil européen
conclusions du 30/10/2009Commission européenne
Propositions en vue d'un pacte mondial sur le changement climatique à Copenhague 28 janvier 2009
Pour Stavros Dimas, un accord réussi à Copenhague implique des objectifs quantifiables de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays développés et le ralentissement de la croissance des émissions dans les pays en développement. Afin d’engager les économies émergentes, l’UE doit continuer ses discussions avec les Etats-Unis afin de convenir d’un système de financement, et notamment d’un "fast track" afin de commencer de manière anticipée la réduction des émissions.
"Nous avons également besoin d’un accord sur d’une part la nécessité d’un résultat juridiquement contraignant, sous la forme d’un traité unique, et d’autre part sur la façon dont le traité sera établi d’ici mi-2010", a déclaré le commissaire, ajoutant que le résultat final devrait être construit sur les fondements du protocole de Kyoto.
Les déclarations de Stavros Dimas surviennent alors que, selon certains observateurs, la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde seraient sur le point de proposer que la fin des négociations sur un traité climatique ait lieu à la fin du mois de juin 2010. Ces quatre principales économies émergentes sont responsables de 30 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone.
"La signature d’un traité [déterminant la suite du protocole de Kyoto] serait le meilleur moyen d’éviter les questions de compétitivité qui se poseraient si l’UE mettait unilatéralement en place des politiques climatiques avancées", a précisé Stavros Dimas. Rejetant les appels visant à introduire des droits de douane sur le carbone aux frontières de l’UE, il a indiqué que leur acceptabilité politique était problématique.
Le commissaire a mis en garde contre le risque de représailles, qui pourraient au pire conduire à une course entre les pays pour établir des mesures similaires.
"N’oublions pas que les mesures frontalières posent un certain nombre d’obstacles. Alors qu’elles offrent peut-être un certain soulagement aux industries fortement consommatrices d’énergie, il y aurait d’importants effets négatifs pour d’autres industries, secteurs et consommateurs", a déclaré M. Dimas.
Il a notamment mis en avant la hausse des prix de la contribution et des coûts administratifs pour l’industrie, qui pourraient conduire à la hausse des prix des permis d’émissions.
Agenda intégré pour le prochain commissaire
Stavros Dimas a identifié la politique climatique comme l’une des réussites de son mandat en tant que commissaire à l’Environnement, mais a reconnu que ses efforts pour arrêter les pertes en matière de biodiversité avaient échoué. Il a ainsi fait remarquer que son successeur aurait beaucoup à faire dans ce domaine.
"Ce serait merveilleux de pouvoir se détendre, d’avoir résolu le problème du changement climatique, mais malheureusement ce ne sera pas le cas. Peu importent les résultats de Copenhague –et je suis très optimiste par rapport à cela– il y aura un énorme travail à abattre pour mettre les engagements en pratique", a-t-il ajouté.
"L’UE va définir, bien heureusement, un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 30 % si un accord intervient à Copenhague, et nous devrons regarder avec prudence comment nous allons gérer ces engagements."
"Par ailleurs, l’UE devra trouver des connexions entre la protection de la biodiversité et les autres politiques, a déclaré le commissaire. C’est clairement le cas avec le changement climatique, où les mesures d’atténuation et d’adaptation doivent être entièrement compatibles avec les politiques de protection de la nature."
"La pollution de l’air est également un domaine dans lequel intégrer l’agenda environnemental serait pertinent", a indiqué le commissaire grec. Il a ajouté que cibler les polluants tels que l’ozone et le noir de carbone dans l’air ambiant pourrait être plus efficace à court terme que le contrôle des émissions de dioxyde de carbone en termes de solution au réchauffement planétaire.
Lire l’entretien en entier (en anglais)



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