Un rapport publié par l’Agence européenne pour l’environnement le 18 juin indique que les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 0,3% dans l’UE par rapport aux niveaux de 2005, et de 7,7% par rapport aux niveaux de 1990. Le total des émissions atteint 5,1 milliards de tonnes de CO2 en 2006, contre environ 5,6 milliards de tonnes en 1990.

La principale raison de cette réduction des émissions de CO2 est, selon la Commission, le réchauffement climatique, la diminution de la production d’acide nitrique, la réduction des émissions de produits chimiques en France et en Hongrie et la consommation réduite de gaz et de liquides par les ménages.

L’UE-15 a fait les progrès les plus significatifs en ce qui concerne ces émissions, les diminuant de 0,8% par rapport aux niveaux de 2005. Ces résultats ont été qualifiés « d’encourageants » par le commissaire à l’Environnement, Stavros Dimas. Il a ajouté que les Etats membres devaient “continuer à accélérer leurs efforts pour limiter et réduire leurs émissions”. Les plus fortes réductions d’émissions ont été réalisées par le Danemark et la Finlande. Ces deux pays ont respectivement diminué leurs émissions de 10,9% et 16,3% par rapport aux niveaux de 2005.

En outre, l’UE-15 a réduit plus particulièrement ses émissions dans le domaine des déchets et de l’agriculture, selon le rapport. Tandis que le secteur industriel a enregistré une légère baisse et le secteur énergétique a stabilisé ses émissions ces dernières années.

La Commission a salué le fait que l’UE-15 ait enregistré une hausse de son PIB de 2,8% en 2005-2006, tout en réduisant ses émissions, signe que la diminution des gaz à effet de serre n’est pas antinomique avec la croissance économique.

Les nouveaux Etats membres, mauvais élèves

En revanche, la Commission a critiqué les 12 nouveaux Etats membres, soulignant de façon polie que la hausse de leurs émissions de CO2 « n’est pas dans notre intérêt ». Stavros Dimas déclare ainsi que les nouveaux Etats membres « doivent garder à l’esprit qu’ils ne peuvent pas se contenter d’invoquer les succès du passé ». Allusion aux fortes réductions d’émissions enregistrées en Europe de l’Est dans les années 1990, grâce à la chute du communisme et au déclin des industries lié à cette chute.

Le secteur du transport fortement émetteur

La Commission est particulièrement préoccupée par le secteur des transports routiers, qui enregistre une hausse continue de ses émissions, désormais à 6,5 millions de tonnes de CO2, soit environ 0,7% de plus qu’en 2005. Selon l’AEE, cette augmentation est due à la consommation accrue de diesel pour le transport de marchandises et de personnes.

Les émissions de CO2 de deux secteurs non-couverts par le protocole de Kyoto, le transport aérien et le transport maritime international, ont augmenté respectivement de 5 millions et de 10 millions de tonnes.

Les ONG environnementales ne sont pas satisfaites des résultats du rapport. Selon les Amis de la terre, il est urgent que les Etats membres prennent des mesures draconiennes pour parvenir à respecter les objectifs fixés par le protocole de Kyoto.

« L’Europe doit sérieusement intensifier ses efforts dans la lutte contre le changement climatique », explique Sonja Meister, responsable de campagne chez les Amis de la terre. « Ces résultats montrent à quel point un accord de l’UE sur les objectifs climatiques est nécessaire afin d’assurer une réduction continue et à long terme des émissions », ajoute-t-elle. Selon elle, la réduction des émissions atteinte en 2006 n’est pas liée aux mesures prises par les gouvernements mais est « principalement due au réchauffement des conditions climatiques ».

Le rapport de l’Agence européenne pour l’environnement a été soumis à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).