Développements récents et prochaines étapes :

  • 23 janvier 2008 : La Commission doit publier une communication sur la CSC, ainsi qu’une révision du système d’échange de quotas d’émissions pour l’après-2012.

Contexte :

En mars, les dirigeants européens se sont mis d’accord sur un objectif juridiquement contraignant de réduction des émissions de CO2 de 20% d’ici 2020.

En outre, l’objectif de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de l’UE a aussi été approuvé.

La Commission européenne doit désormais préciser ses engagements dans un paquet de mesures, qui comprendra une communication sur la CSC.

Ce document doit établir des lignes directrices concernant la manière dont les Etats membres peuvent apporter un soutien financier aux technologies. Elles détermineront aussi comment introduire la CSC dans le système européen d’échange de quotas d’émissions de CO2 (système ETS).

Cependant, la complexité des mesures a obligé la Commission à reporter le paquet, initialement prévu en décembre 2007, à janvier 2008 (lire EurActiv 25/10/07).

Enjeux :

Carburants fossiles : de loin la source d’énergie la plus abondante

D’après Bill Spence, vice-président pour le CO2, et David Hone, conseiller sur le changement climatique, chez Royal Dutch Shell, malgré les préoccupations environnementales, les carburants fossiles restent la source d’énergie la plus abondante sur la planète, capable de répondre à la demande toujours croissante en énergie.

Dans un entretien avec EurActiv.com, les deux responsables déclarent : « Si nous considérons toutes les options dont nous disposons, les carburants fossiles sont de loin la source d’énergie la plus abondante, avec un potentiel considérable pour l’avenir. »

Sachant que la demande énergétique mondiale devrait doubler dans les prochaines décennies, ils sont convaincus que les technologies permettant de rendre les carburants fossiles acceptables pour l’environnement seront déterminantes, dans la mesure où aucune source d’énergie alternative ne sera capable de relever le défi à elle seule. 

M. Spence poursuit : « D’ici 2050, pour doubler l’énergie dont cette planète a besoin, nous sommes persuadés que nous n’aurons pas le choix entre l’énergie A et l’énergie B. Nous devrons utiliser les deux. »

Stockage du carbone : une « technologie relais »

Selon lui, d’autres options doivent être considérées en attendant que les énergies renouvelables soient assez développées pour être suffisamment répandues. « Nous cherchons des énergies renouvelables augmentant le plus rapidement possible, tout en souhaitant que les hydrocarbures assument 60% à 70 % de l’ensemble. Il ne s’agit vraiment pas de choisir un vainqueur et de tout miser sur lui, mais de conserver toutes les options. Et c’est là que la capture et le stockage de carbone interviennent en permettant aux hydrocarbures de rester une option envisageable. »

D’après M. Spence, la CSC est une « technologie relais » pouvant répondre aux préoccupations environnementales sur les carburants fossiles jusqu’à ce que d’autres options énergétiques plus propres se développent.

« Nous devons réaliser que, même dans 20 ou 25 ans, pour obtenir 10 % d’énergie éolienne et solaire dans notre économie, il faudrait un rythme de croissance de cinq à six fois supérieur. C’est énorme. Très peu d’industries sont capables d’atteindre un tel rythme. »

« Pour résumer, la CSC est une technologie relais et représentera une partie très importante de la transition. »

Ce commentaire fait écho aux récentes déclarations du PDG de Shell, Jeroen van der Veer, concernant la « dure réalité » qui, selon lui, domine l’avenir énergétique du monde. Jeroen van der Veer fait notamment référence à la Chine et à l’Inde, où le charbon devrait couvrir une grande partie de leurs énormes besoins énergétiques, qui sont en constante augmentation. « Dans notre lutte pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, supprimer le CO2 des carburants fossiles, en particulier le charbon, est essentiel », souligne-t-il dans un éditorial pour le quotidien The Times au début de l’année.

L’intégration de la technologie CSC dans le système européen d’échange de quotas d’émissions

S’agissant des moyens d’intégration de la CSC dans des propositions concrètes, les attentes exprimées sont nombreuses.

Dans le cadre des plans actuels de la Commission, 12 projets de démonstration à grande échelle, qui appliquent la technologie de CSC principalement à des centrales électriques fonctionnant au charbon, seront lancés d’ici 2015.

« Nous souhaitons des mesures qui inscrivent ces 10 à 12 projets dans une phase de démonstration, pour que nous puissions les tester grandeur nature », a déclaré M. Spence. « Nous cherchons une politique qui reconnaisse cette phase d’apprentissage et commence à se préoccuper, dans la durée, de la capture et du stockage de carbone. »

A court terme, Shell estime que la CSC peut obtenir un soutien supplémentaire en étant intégrée dans le système européen d’échange de quotas d’émissions.

A cet égard, M. Hone déclare : « Il y a deux approches. La première stipule que le CO2 mis dans le sol n’est pas considéré comme une émission. La seconde considère le CO2 enterré comme une émission, mais dans ce cas, les projets de CSC peuvent recevoir un crédit sur le marché européen du carbone. »

Il estime que pour rendre avantageux le processus onéreux de capture et de stockage, les émissions captées et stockées devraient recevoir au moins des crédits doubles. « Au début, nous voulions un crédit supérieur à sa valeur. Par exemple, deux crédits par tonne de CO2 économisée, ou quelque chose dans cet esprit. En effet, la technologie de CSC n’est pas encore tout à fait aboutie ».

Pour lire l’intégralité de cet entretien (en anglais), cliquez ici.